‹ uvres de M. J. Chénier (volume 3)Chapitre 2 sur 50 · I . A la vieille tyrannie des préjugés · texte numérisé non relu

I . A la vieille tyrannie des préjugés

En prononçant ce discours, j'ai cru devoir borner à quelques traits généraux le tableau de l'esprit humain durant le dix-huitième siècle ; mais les raisons qui m'ont fait supprimer plusieurs développemens à la lecture n'ont pas dû ni'empêcher de les rétablir à l'impression.

2. Quelques traits de ridicule effacèrent du moins un article dans l'histoire des folies humaines.

La requête de l'Université de Paris fut présentée au parlement en 1675. Elle n'eut point de suite, et ne fut point publiée. Il ne reste d'autres vestiges de cette ridicule affaire que l'arrêt burlesque, composé par Despréaux: opuscule philosophique, dont le but et le succès font également honneur au législateur de notre poésie.

3. OÙ l'auteur des Institutions newtoniennes professa le premier la nouvelle physique dans l'Université de Paris.

Il n'y a pas la moindre exagération dans le texte du discours. Ce fut en 1687 que Newton publia le livre intitulé: Principia philosophiœ naturalis. Ce fut en 1747 que M. Sigorgne fit paraître ses Institutions newtoniennes , et professa la nouvelle physique au collège du Plessis.

kl NOTES.

4. Vice radical, entrevu par le savant Tanneguy- Lefèvre, démontré par l'exact Dumarsais.

Voyez la Méthode raisonnée de Dumarsais. Voyez aussi, dans le second volume des Mémoires de Sallengre, un petit ti'aité ayant pour titre : Nouvelle méthode pour commencer les humanités grecques et latines. Cet écrit, curieux à lire, est de Tanneguy-Lefèvre, père de madame Dacier, et l'un des meilleurs humanistes du dix-septième siècle. Il avait de la dignité dans le caractère. Il embrassa par conviction la religion protestante, quand d'autres l'abandonnaient par intérêt. Il perdit une pension de i5oo livres, pour avoir été trop peu docile aux volontés du ministre Colbert , et dédia son édition de Lucrèce à Pélisson , \'ictime alors d'une lettre de cachet. Pélisson lui-même et La Fontaine donnaient des exemples du même genre. Ces r^ctions généreuses ont été souvent rappelées; mais, dans un tems on la moindre puissance n'est jamais l'assasiée de louange, et la servitude jamais fatiguée de bassesse, il faut les rappeler encore pour encourager les hommes de lettres qui ont conservé quelque indépendance, et faire rougir ceux qui n'en ont plus.

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