‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 141 sur 269 · GRACCHUS, FULVIUS · texte numérisé non relu

GRACCHUS, FULVIUS

GRACCHIIS.

Si tu dois triompher, je ne crains que la vie.

FULVIUS

Attendrons-nous, Gracchus, qu'elle nous soit ravie?

Quelques patriciens dont le cœur m'est lié

Par les nœuds toujours chers d'une tendre amitié ,

Trompant de leur sénat la rage criminelle,

M'ont appris ses desseins par un récit fidèle.

Si la séduction avait pu t'avilir,

Par le peuple en fiireur on t'aurait fait punir.

GRACCHUS

Que dis-tu?

FULVIUS

Si ton cœur, zélé pour la patrie, Osait d'Opimius rejeter l'offre impie, On devait publier un décret du sénat

Qui tous deux nous déclare ennemis de l'État.

GRACCHUS

Le sénat...

FULVIUS

Il n'est plus de frein qui le retienne; Ce décret met à prix et ta tête et la mienne.

GRACCHUS

Quel mystère d'horreur!

FULVIUS

C'est peu d'être proscrits; Le sénat veut encor que nous mourions flétris. Les juges, préparant leurs arrêts redoutables

GRACCHUS

Ils sont patriciens; nous serons tous coupables,

FULVIUS

Les prêtres, colorant ces desseins odieux...

GRACCHUS

Ils sont patriciens; je sais l'avis des dieux.

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