ACTE m, SCÈNE I. 3i
Je l'observe, et mes yeux de larmes s'obscurcissent;
Mes genoux affaiblis sous moi s'appesantissent;
Tout ce qui m'environne augmente ma terreur:
A l'instant, malgré moi, je pousse un cri d'horreur.
Hélas! de ma raison j'avais perdu l'usage.
Je sors ; Elisabeth courant sur mon passage ,
En vain pour m'arrêter saisit mes vêtemens;
Je fuis, je me dérobe à ses embrassemens ;
Je fuis, pâle, tremblante, et presque inanimée,
Traînant le noir chagrin dont je suis consumée:
Craignant de rencontrer ces funestes objets,
Loin d'eux quelques momens je viens chercher la paix :
Je ne puis la trouver dans cette ame abattue;
Toujours Elisabeth est présente à ma vue.
Insupportable poids de tant d'adversité!
Vains sermens, nœuds cruels, triste fécondité!
Que n'as-tu, Dieu puissant, tranché ma destinée.
Le jour, le jour affreux où je fus couronnée!