‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 20 sur 269 · ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYMOUR, CRAMMER · texte numérisé non relu

ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYMOUR, CRAMMER

JEANNE SEYMOUR

La voici.

ANNE DE BOULEN

Ciel ! fuyons.

JEANNE SEYMOUR

OÙ portez- VOUS vos pas?

ANNE DE BOULEN

Loin de vos yeux, madame.

JEANNE SEYMOUR

Ail ! ne me craignez pas.

Je dois, je le sens trop, vous paraître importune; Mais je viens consoler votre auguste infortune: Je plains le cœur superbe au sein de la grandeur; Il n'aura point d'amis dans les jours du malheur.

ANNE DE BOULEN

Est-ce vous qui parlez?

JEANNE SEYMOUR

C'est moi qui vous respecte.

CRAMMER, à Anne de Bonlen.

Madame, ah! que sa voix ne vous soit point suspecte!

Amis, parens, époux, quand tout m'ose outrager. C'est ma rivale, 6 ciel! qui vient me protéger!

JEANNE SEYMOUR

Non, je ne la suis point: je suis votre sujette.

ANNE DE BOULEN

Dans quel étonnement son langage me jette !

JEANNE SEYMOUR

Le temps est précieux , madame ; écoutez-moi : De son appartement j'ai vu sortir le Roi ; Vos juges le suivaient: rien ne transpire encore; Mais de jours plus sereins j'ose entrevoir l'aurore:

Page 1