ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYMOUR, CRAMMER
JEANNE SEYMOUR
La voici.
ANNE DE BOULEN
Ciel ! fuyons.
JEANNE SEYMOUR
OÙ portez- VOUS vos pas?
ANNE DE BOULEN
Loin de vos yeux, madame.
JEANNE SEYMOUR
Ail ! ne me craignez pas.
Je dois, je le sens trop, vous paraître importune; Mais je viens consoler votre auguste infortune: Je plains le cœur superbe au sein de la grandeur; Il n'aura point d'amis dans les jours du malheur.
ANNE DE BOULEN
Est-ce vous qui parlez?
JEANNE SEYMOUR
C'est moi qui vous respecte.
CRAMMER, à Anne de Bonlen.
Madame, ah! que sa voix ne vous soit point suspecte!
Amis, parens, époux, quand tout m'ose outrager. C'est ma rivale, 6 ciel! qui vient me protéger!
JEANNE SEYMOUR
Non, je ne la suis point: je suis votre sujette.
ANNE DE BOULEN
Dans quel étonnement son langage me jette !
JEANNE SEYMOUR
Le temps est précieux , madame ; écoutez-moi : De son appartement j'ai vu sortir le Roi ; Vos juges le suivaient: rien ne transpire encore; Mais de jours plus sereins j'ose entrevoir l'aurore: