‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 203 sur 269 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Vous ronge et vous déchire à vos derniers momens : Puissiez-vous d'Héloïse envier les tourmens, Traîner avec lenteur une mort douloureuse, Mourir dans l'abandon qui la rend plus affreuse, Et remplir de vos cris ces gouffres éternels, Créés pour les tyrans et les grands criminels !

Ainsi, vous prodiguez le blasphème et l'outrage! Et vous ne craignez pas...?

HÉLOÏSE

Epuisez votre rage.

Nous pouvons tout ici; vous le savez trop bien.

HÉLOÏSE

Ah ! peut-être aujourd'hui vous ne pourrez plus rien.

l'abbesse.

A quoi tend ce discours ? quelle est votre espérance ?

HÉLOÏSE

On va dans ce moment tenter ma délivrance. Ma fille...

Doit trouver son juste châtiment :

On a suivi ses pas; elle fuit vainement.

HÉLOÏSE

Qu'entends-je !

A mes regards elle va reparaître.

ai .

HÉLOÏSE

Quel sera son destin?

l'abbesse.

Je lui ferai connaître Que Dieu punit les cœurs contre lui révoltés.

H ]É LOI SE

Quoi! vous la punirez?

l'a BB ES SE.

Les fers que vous portez, Voilà son sort.

HELOÏSE

Grand Dieu ! ma fille infortunée...!

Comme vous, loin de vous, doit languir enchaînée.

HÉLOÏSE

Ma fille ! non , jamais , non , ne l'opprimez pas : Avant ce coup du moins donnez-moi le trépas.

l'abbesse.

Je vous vois maintenant plaintive et suppliante: Votre fureur...

HÉLOÏSE

Laissez ma fureur impuissante :

Le reproche est permis dans ma calamité ; Mais vous , n'affectez pas l'insensibilité. Des mortels qui s'aimaient vous ont donné la vie; Vous aviez une mère, et vous l'avez chérie. Eh bien! par ces parens, objets de votre amour, Par le sein maternel qui vous a mise au jour.

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