‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 22 sur 269 · COURTISANS, PAGES, GARDES · texte numérisé non relu

COURTISANS, PAGES, GARDES

HENRI, bas à Norfolk.

Norris a tout promis; il est temps qu'il paraisse.

JEANNE SEYMOUR

Voici le digne objet d'une auguste tendresse, Celle qui vit son front par vos mains couronné. Sire, présumiez -vous, en ce temps fortuné. Qu'à des liens si beaux vous seriez infidèle? Qu'un jour on oserait vous implorer pour elle? Un injuste soupçon la noircit à vos yeux. Ah! bien loin d'écouter des cris calomnieux, A ses persécuteurs c'est à vous de répondre; Un seul de ses regards suffit pour les confondre : Et d'une épouse en pleurs l'aspect toujours chéri Doit ramener sans peine un époux attendri.

HENRI

Cet aspect, vos accents ont des droits sur mon ame, Et ce noble intérêt vous honore, madame: Mais à l'empire entier je sais ce que je doi; Les juges de la Reine ont paru devant moi.

ANNE DE BOULEN

Et que m'annoncez -vous?

HENRI

Que tout vous est contraire. Sans doute on n'aura point l'aveu de votre frère. Les autres accusés...

ANNE DE BOULEN

O ciel ! que dites -vous ?

Les autres...

HENRI

C'en est fait; ils vous accusent tous.

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