‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 223 sur 269 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

En de vastes desseins trop prompt à m'engager, Je n'ai plus de remords quand je vois leur danger. Denys, par leurs conseils, reçoit mes émissaires; Epaississons la nuit qui couvre ces mystères. Contre lui Syracuse implore notre appui ; Dans Corinthe, en secret, qu'ils agissent pour lui. Ses trésors prodigués ont été leur partage : Je n'oublîrai jamais que je suis leur ouvrage; Ils m'ont ouvert, peut-être, un chemin dangereux: N'importe, ils m'ont servi; je périrai pour eux.

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Leur fortune est la tienne; et c'est aujourd'hui même Qu'ils veulent sur ton front poser le diadème.

Aujourd'hui?

Dans la place , aux yeux du peuple entier. Ceux qu'on ne peut séduire, on peut les effrayer. Nous avons caressé l'orgueilleuse richesse. Flatté l'ambition, soudoyé la paresse.

Crois-moi, n'attendons pas que ton frère , en ces lieux, Oppose à nos desseins un front victorieux. Voilà ton seul rival. Cest durant son absence Que nous allons fonder ta nouvelle puissance: De ce nom redoutable on voudrait t'accabler.

TIMOPHANE.

C'est à mes ennemis qu'il convient de trembler.

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Leur foule, en te nommant, se permet la menace.

TIMOPHANE.

Eh bien ! je punirai leur insolente audace.

ANTICLÈS.

Que veux-tu que ma voix annonce à tes amis?

TIMOPHANE.

Dis-leur que je tiendrai tout ce que j'ai promis.

ANTICLÈS.

Le succès, Timophane, est dans la confiance.

TIMOPHANE.

Il suffit. Laisse-moi. Démariste s'avance.

Qu'ils viennent sur tes pas me chercher en ces lieux;

Je les suivrai. Le reste est dans la main des Dieux.

(Anticlès sort.)

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