‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 240 sur 269 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Mon frère, avec tes traits, j'avais là son image, Et contre elle indigné je lui rendais hommage. A ton malheureux frère elle a parlé cent fois : Elle me parle encore.

Eh bien ! entends sa voix.

Sois digne des mortels qui t'ont donné la vie; Et si quelques pervers, organes de l'envie, Veulent d'une ombre injuste obscurcir ton éclat, Punis-les par ta gloire, en servant bien l'Etat. Mais, surtout, des flatteurs crains la langue homicide; Plus d'ami dangereux , de conseiller perfide ; Rejette loin de toi ces vils séditieux. Ministres complaisans du moindre ambitieux, Nés pour la servitude, et façonnés au crime. Foudroyés par la loi , qu'ils tombent dans l'abîme : Le regret de Corinthe, à leurs derniers instans. Sera d'avoir produit ces indignes enfans. Mais toi, dont la patrie a vanté la vaillance, Qui peux lui consacrer une utile existence, Fais refleurir ton nom qu'ils prétendaient flétrir; Rentre dans ta vertu qu'ils voulaient conquérir; Arrache de leurs mains ta probité captive; Et, reportant l'effroi dans leur âme craintive, A ces usurpateurs retirant ton appui, Rapproche-toi du peuple : on n'est grand ({u'avec lui.

38o TIMOLÉOIS.

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