‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 247 sur 269 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Fuyait partout des rois le souffle (;riminel , Elle aurait dans Corinthe un asyle éternel. De nos dieux protecteurs l'auguste Providence Veille du haut des cieUx sur notre indépendance. Rendons-nous toutefois dignes de leurs bienfaits : On n'est point criminel pour réclamer la paix; Mais sachez qu'en nos murs il est d'autres coupables : Le peuple est entouré d'ennemis implacables...

Et c'est pour assurer, pour maintenir ses droits, Qu'au nom du bien public j'élève ici la voix. Il faut qu'un magistrat, sage, actif, intrépide. Opposant aux partis une invincible égide. De tous les factieux confonde la fureur. Et que la liberté règne par la terreur.

DÉMARISTE.

Tel est des oppresseurs le langage ordinaire; Je dénonce Anticlès : républicaine et mère, J'ai le droit de parler pour arracher mon fils Au piège où l'entraînaient de perfides amis. Je vois en nos remparts une horde insensée Aux lèvres du génie enchaîner la pensée. La terreur, comprimant l'honnête homme abattu. Sèche l'humanité, fait taire la vertu.

La tyrannie altière, et de meurtres avide. D'un masque révéré couvrant son front livide. Usurpant sans pudeur le nom de liberté. Roule au sein de Corinthe un char ettsanglanté.

-"SS TIMOLEON.

Au courage, au mérite on déclare la guerre :

On déclare la paix aux tyrans de la terre;

Et la discorde impie, agitant ses flambeaux,

Veut élever un trône au milieu des tombeaux.

Il est temps d'abjurer ces coupables maximes:

Il faut des lois, des mœurs, et non pas des victimes.

Imprimons aux médians un salutaire effroi;

Que le crime pâlisse et tombe sous la loi :

Mais qu'au moins l'innocent goûte un sommeil tranquille;

Mais que l'infortuné trouve encore un asyle;

Qu'il ne redoute plus, sous son toit protecteur.

L'œil du juge homicide et du vil délateur.

Le peuple ne veut plus ces indignes entraves :

Songeons que la terreur ne fait que des esclaves;

Et n'oublions jamais que sans humanité

Il n'est point de loi juste et point de liberté.

ARTICLES

Que tardons-nous encor? l'heure est enfin venue De rétablir la paix dans Corinthe éperdue. D'étouffer sans retour les cris séditieux.

ORTA.GORAS , découMant un diadème caché parmi les conjiirés.

Citoyens! quel objet vient offenser mes yeux? Voyez-vous ce bandeau, marque du rang suprême? Connaissez vos tArans.

LE c H c« u R.

O crime! un diadème!

Et voilà donc la paix que vous nous préparez!

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