‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 256 sur 269 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

TIMOLÉON, ORTAGORAS.

ORTAGORAS.

Non : n'espère plus rien , Démariste s'abuse : • Timophane est un traître, et c'est moi qui l'accuse; Il régnera demain, s'il ne meurt aujourd'hui.

TIMOLÉON

Quels indices nouveaux s'élèvent contre lui?

ORTAGORAS.

Dans Corinthe à l'instant cette lettre est surprise.

TIMOLÉON

Comment ?

ORTAGORAS.

Lis, tu sauras quelle est son entreprise. Vois si de tels forfaits peuvent être impunis:

4oo TIMOLEON.

La lettre est pour ton frère; elle est du roi Denys. Lis. Tu connais sa main.

TIMOLÉOW.

Tout mon cœur se soulève.

« Denys à Timopliane. » Oui, c'est Denys.

ORTAGORAS.

Achève.

TIMOLÉON

« Il est temps que ton front... » Malheureux ! qu'ai-je lu ? Ma mère! c'en est fait, Timopliane est perdu. « Il est temps que ton front...

ORTAGORAS.

« Porte enfin la couronne.

« Anticlès est à nous...

TIMOLÉON

« Son parti t'environne :

« Prodiguez ma richesse, et maintenez mes droits. « Enchaînez d'un frein d'or tout ce peuple indocile; « Qu'après de longs débats Corinthe et la Sicile « Vivent en paix sous deux bons rois. »

ORTAGORAS.

Qu'en dis-tu?

TTMOLÉON.

Scélérats ! Il faut qu'à l'instant même Le peuple rassemblé... Qu'un jugement suprême... Qu'Anticlès... Timopliane... accusés...

ORTAGORAS.

Penses-tu Qu'ils attendront Tarrêt et qu'ils ont ta vertu?

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