‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 28 sur 269 · ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYINIOUR, GRAMME R · texte numérisé non relu

ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYINIOUR, GRAMME R

Norfolk!

A vos désirs si j'ai semblé répondre.

Tous deux avant ma mort je voulais vous confondre. Agent fidèle, et toi, roi féroce et jaloux, Vous vous trompiez tous deux ; vous méjugiez par vous : Vous ne pouviez compter sur un cœur magnanime. Tout pâlit, tout se tait, au récit de leur crime! Roi, tu pâlis toi-même, et tu baisses les yeux!

HENRI

J^es bourreaux vont punir ton mensonge odieux.

J'oserai sous leurs coups braver ta tyrannie.

Moi, racheter mes jours par une calomnie!

La vie est-elle un bien quand on vit sous ta loi?

Norfolk, instruisez-vous: je fîis Tami d'un roi.

HENRI

Penses-tu qu'à mes yeux tes outrages l'excusent? Réponds: que diras-tu? tes complices l'accusent. Que diras-tu ? Norfolk les a tous entendus.

Je ne dirai qu'un mot, c'est qu'ils te sont vendus.

H E ]V R I , aux gardes.

Avant de décider du sort de sa complice, Allez, et qu'à l'instant on le livre au supplice.

Ah! je respire enfin. Tu combles mon espoir.

Quoi ! perfide !...

Est-il prêt? Je suis las de te voir.

HENRI

Va, cours dans les tourmens finir ta destinée.

Adieu donc, roi coupable, et reine infortunée. Reine qui méritiez de plus heureux destins : Voilà comme un tyran gouverne les humains!

HENRI, avec calme et dignité.

Arrête. Ecoutez-moi : faisons taire la haine : Qu'on remène à la Tour et Norris et la Reine. Je révoque l'arrêt que je viens de dicter:

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