ANNE DE BOULEN, JEANNE SEYINIOUR, GRAMME R
Norfolk!
A vos désirs si j'ai semblé répondre.
Tous deux avant ma mort je voulais vous confondre. Agent fidèle, et toi, roi féroce et jaloux, Vous vous trompiez tous deux ; vous méjugiez par vous : Vous ne pouviez compter sur un cœur magnanime. Tout pâlit, tout se tait, au récit de leur crime! Roi, tu pâlis toi-même, et tu baisses les yeux!
HENRI
J^es bourreaux vont punir ton mensonge odieux.
J'oserai sous leurs coups braver ta tyrannie.
Moi, racheter mes jours par une calomnie!
La vie est-elle un bien quand on vit sous ta loi?
Norfolk, instruisez-vous: je fîis Tami d'un roi.
HENRI
Penses-tu qu'à mes yeux tes outrages l'excusent? Réponds: que diras-tu? tes complices l'accusent. Que diras-tu ? Norfolk les a tous entendus.
Je ne dirai qu'un mot, c'est qu'ils te sont vendus.
H E ]V R I , aux gardes.
Avant de décider du sort de sa complice, Allez, et qu'à l'instant on le livre au supplice.
Ah! je respire enfin. Tu combles mon espoir.
Quoi ! perfide !...
Est-il prêt? Je suis las de te voir.
HENRI
Va, cours dans les tourmens finir ta destinée.
Adieu donc, roi coupable, et reine infortunée. Reine qui méritiez de plus heureux destins : Voilà comme un tyran gouverne les humains!
HENRI, avec calme et dignité.
Arrête. Ecoutez-moi : faisons taire la haine : Qu'on remène à la Tour et Norris et la Reine. Je révoque l'arrêt que je viens de dicter: