LE COMMANDANT
Madame...
ANNE DE BOULEIN.
Injuste mort! ta présence est funeste!
Ma fille, chérissez la mère qui vous reste;
Mais chérissez toujours, songez à regretter Celle qui vous fit naître, et qui va vous quitter. Il faut partir. Adieu. (Elle s'éloigne.)
ELISABETH
Quoi! déjà tu me laisses!
ANNE DE BOULEN, revenant à grands pas.
Reçois, trop cher enfant, mes dernières caresses.
ELISABETH
O ma mère! où vas-tu?
ANNE DE BOULEN
Que lui répondre, hélas!
ELISABETH
Reviendras -tu bientôt?
ANNE DE BOULEN
Je ne reviendrai pas.
JEANNE S E T M o U R , aux gardes.
Craignez d'exécuter la sentence cruelle.
Vous, soldats, vous, témoins de ma douleur mortelle.
Vous qui la partagez , vous que j'entends gémir.
Vous pleurez ! et pourtant vous osez obéir !
Reine, de trop d'horreurs je suis environnée!
Mourante plus que vous, plus que vous condamnée,
Je veux auprès du Roi précipiter mes pas :
Je vais, je cours à lui, cet enfant dans mes bras.
ANNE DE BOILEN.
Bien loin de le fléchir, vous auriez tout à craindre.
JEANNE SEY.MOIR
A sentir la pitié je saurai le contraindre.