‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 40 sur 269 · LE COMMANDANT · texte numérisé non relu

LE COMMANDANT

Madame...

ANNE DE BOULEIN.

Injuste mort! ta présence est funeste!

Ma fille, chérissez la mère qui vous reste;

Mais chérissez toujours, songez à regretter Celle qui vous fit naître, et qui va vous quitter. Il faut partir. Adieu. (Elle s'éloigne.)

ELISABETH

Quoi! déjà tu me laisses!

ANNE DE BOULEN, revenant à grands pas.

Reçois, trop cher enfant, mes dernières caresses.

ELISABETH

O ma mère! où vas-tu?

ANNE DE BOULEN

Que lui répondre, hélas!

ELISABETH

Reviendras -tu bientôt?

ANNE DE BOULEN

Je ne reviendrai pas.

JEANNE S E T M o U R , aux gardes.

Craignez d'exécuter la sentence cruelle.

Vous, soldats, vous, témoins de ma douleur mortelle.

Vous qui la partagez , vous que j'entends gémir.

Vous pleurez ! et pourtant vous osez obéir !

Reine, de trop d'horreurs je suis environnée!

Mourante plus que vous, plus que vous condamnée,

Je veux auprès du Roi précipiter mes pas :

Je vais, je cours à lui, cet enfant dans mes bras.

ANNE DE BOILEN.

Bien loin de le fléchir, vous auriez tout à craindre.

JEANNE SEY.MOIR

A sentir la pitié je saurai le contraindre.

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