ACTE IV, SCENE VI
Qu'il réserve à sa fille un plus doux avenir; Que son ame plus juste, et par vous attendrie, Ne lui reproche point le sein qui l'a nourrie. Trop jeune en ce moment , elle ne conçoit pas Son malheur et ma honte, et mon prochain trépas. A son oreille un jour, dans un âge moins tendre. L'affreuse vérité viendra se faire entendre; Vous la consolerez. Dites-lui nos adieux; Dites que, subissant un arrêt odieux, Sa mère qui l'aima, sa mère déplorable Mourut sur l'échafaud, mais sans être coupable. Mon amour vous unit, vous confond toutes deux: Puisse le ciel , propice au dernier de mes vœux , Toutes deux vous couvrir de sa main tutélaire! Puissent vos jours nombreux ignorer sa colère! Puissent-ils s'écouler avec tranquillité Dans un bonheur égal à mon adversité !