‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 61 sur 269 · CLÉRAC, LA SALLE, LOUIS CALAS, UN RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CLÉRAC, LA SALLE, LOUIS CALAS, UN RELIGIEUX

LOUIS CALAS

O ministres des lois, soutiens de la justice. Vous ne souffrirez point qu'un innocent périsse! Mille objets effrayans sont encor sous mes yeux: Ces pénitens , ce deuil , ces prêtres furieux , Et ce fantôme affreux, restes d'un suicide.

92 JEAN CALAS

Qu'une sanglante erreur condamne au parricide. Au premier des martyrs le temple consacré Est-il donc aux bourreaux impunément livré ? Ah! mon père est proscrit! son supplice s'apprête! Le peuple me poursuit en demandant sa tête ! Je viens auprès de vous; je me jette en vos bras.

CLÉR AC.

Quoi ! c'est un des enfans...

LE RELIGIEUX

Du malheureux Calas.

CLÉRAC

Eh ! que veut-il de moi ? Son fils ! un hérétique !

Presque dès son enfance il devint catholique.

CLÉRAC

Lui!

LE RELIGIEUX

G race à l'Eternel , qui s'est servi de moi , Ses yeux sont éclairés du flambeau de la foi.

LOUIS CALAS

Et du plus grand forfait on accuse mon père ! Si d'un tel changement il eût puni mon frère, Si dans le sang d'un fils son bras s'était baigné, J'étais plus criminel : m'aurait-il épargné? Maintenant donc jugez, amis de l'innocence; Amis de la raison , prononcez la sentence.

CLÉRAC

Vos discours et les pleurs que je vous vois verser.

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