‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 60 sur 269 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Et le deuil éternel de ses riches cités ;

Ses beaux arts transplantés sur la rive étrangère,

Et ses nombreux enfans arrachés à leur mère ?

Louis, cet ennemi de toute liberté.

Plus flatté que chéri, plus craint que respecté,

Imprimant à l'Europe une terreur profonde,

Obtint le nom de grand par le malheur du monde.

Entouré soixante ans et de pompe et d'ennui ,

Il crut que les humains n'étaient faits que pour lui.

La France , qu'appauvrit son luxe despotique ,

Le vit fouler aux pieds la majesté publique ,

Des impôts accablans appesantir le faix,

Et nourrir son orgueil du sang de ses sujets.

Il ne peut être absous par quarante ans de gloire;

La misère du peuple a flétri sa mémoire :

Son règne avait causé de publiques douleurs;

Mais le jour de sa mort n'a point coûté de pleurs.

Page 1