‹ uvres de M. J. Chénier (volume 4)Chapitre 9 sur 269 · HENRI, NORFOLK · texte numérisé non relu

HENRI, NORFOLK

HENRI

J L faut subir encor ce pénible entretien : Boulen, auprès de moi Seymour est ton soutien. Mais d'un sombre mystère il est temps de m'instruire. M'as-tu servi, Norfolk? et viens-tu de séduire Tous ces vils accusés, dociles au pouvoir? Je t'avais, tu le sais, commandé de les voir. D'oser leur dévoiler le secret de ma haine. De leur offrir le jour s'ils accusaient la Reine.

NORFOLK

Ils viennent de parler.

HENRI

Je ne suis point trahi?

NORFOLK

Tous ont versé des pleurs, mais tous ont obéi.

HENRI

On ne peut de son frère espérer de faiblesse.

i6 HENRI VIII.

Gagnons du moins Norris par la même promesse,

NORFOLK

Norris !

HENRI

Oui. Tu l'as vu, flattant avec fierté, Conserver dans ma cour un ton de liberté; Il affectait, Norfolk, une franchise austère.

NORFOLK

Quel moyen fléchira cet altier caractère?

HENRI

Son crédit, ma faveur qu'il pourrait recouvrer....

NORFOLK

Qu'il pourrait....

HENRI

Tu m'entends : fais-lui tout espérer.

C'est ce fatal amour qui me condamne au crime. Mais je vois s'avancer ma nouvelle victime; Le dédain sur ses pas remplace le respect: On cherchait ses regards; on fuit à son aspect. Sortons: à lui parler en vain je me prépare; Je sens un trouble affreux qui de mon cœur s'empare. Quoi ! ce prélat toujours fatiguera mes yeux !

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