‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 15 sur 141 · Le Poussin · texte numérisé non relu

Le Poussin

2. On sait que Le Sueur avait enrichi le petit cloître des Chartreux de peintures sublimes , que des envieux mutilèrent.

OEuvres anciennes. III. 4

D'un si làclie dépit l'éclatante mémoire Eût seule éternisé votre honte et sa gloire.

Notre âge est moins brillant, mais plus sage et plus doux. Tu vaincras l'ignorance et tes rivaux jaloux. L'aimable vérité sort enfin du nuage; Un jour serein s'élève, et dissipe l'orage. Ceux qui t'ont méconnu, contraints de s'éclairer, Rougissent de leur faute, et vont la réparer. C'est un si beau devoir! Eh! quelle âme insensible, Au charme le plus pur quelle âme inaccessible. Méprisant les talens, pères du doux loisir, A gêner leur essor peut mettre son plaisir? Heureux hnitateur des chants de l'Ausonie, Chaque jour remplis-toi de son divin génie; Et, montant chaque jour de succès en succès, D'un nouveau Pergolèse ' étonne les Français. Mais laisse autour de toi gronder quelque profanes, D'un cagotisme obscur imbéciles organes.

Ces pompes , ces accords , ces chants harmonieux , Plaisent au Roi des rois, au Dieu des autres dieux. Des éternels concerts c'est la mortelle image; Des arts qu'il a créés il accepte l'hommage;

I. Le Stabat Mater de Pergolèse est regardé universellement comme un chef-d'œuvre. Il finissait le dernier verset de cet admirable morceau, quand la mort vint le frapper à l'âge de trentetrois ans.

A LE SUEUR. 5i

Offrande noble et sainte ! encens digne du ciel !

Ce ciel a tressailli quand le Roi d'Israël

Offrait au Dieu jaloux un glorieux cantique,

Agitait devant lui sa lyre prophétique.

Et, poussant dans les airs ses accens généreux.

Contre le Philistin conduisait les Hébreux ;

Ou lorsque, dans les jours de jeûne et de prière.

Pâles, couverts de cendre, au fond du sanctuaire.

De l'antique Lévi les enfans éplorés

Comme eux faisaient gémir les instrumens sacrés.

Habitans du vallon , secondez la nature. De ce jeune arbrisseau dirigez la culture. Faudra-il que son front, déjà triste et penché. Au niveau des sillons se courbe desséché ? Portez-lui le tribut de ces ondes fertiles; Faible et timide encore, à ses rameaux fragiles, Habitans du vallon , prêtez un sûr appui. Du doux éclat des fleurs il se pare aujourd'hui : De plus beaux tems viendront , qui seront votre ouvrage ; Je veux un jour vous voir, assis sous son ombrage. Quand l'ardent Sirius enflammera les cieux, Goûter avec transport ses fruits délicieux.

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