‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 3 sur 141 · On sait que l'édit de Nantes fut re'voqué en i · texte numérisé non relu

On sait que l'édit de Nantes fut re'voqué en i

2. Le maréchal de Saxe était de la religion protestante. M. de Turenne , depuis converti par Bossuet , était aussi protestant quand il sauva la France, du tems de nos guerres civiles.

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«Honorés, agrandis, souvent usurpateurs,

t( Stérilement dévots, traînaient dans le silence

« Des jours longs et pesans, filés par l'indolence.

«Enfin l'homme stupide, à l'oubli consacré,

« Eut contre le travail un refuge assuré;

« De citoyens vivans ces tombeaux se remplirent ;

« A l'envi de Pépin vingt rois les enrichirent.

« Entends-tu maintenant les sanglots, les regrets?

« O d'un zèle insensé trop funestes effets !

« Vois-tu tous ces enfans, les victimes d'un père,

« Condamnés loin du monde à gémir sous la haire }

(< Leur bouche a prononcé le serment solennel ;

« Et , contraints de mentir aux pieds de l'Eternel ,

«Ils vont baigner de pleurs des marbres inflexibles;

« Ils accusent le Dieu qui les rendit sensibles ,

« L'inexorable autel qui les tient opprimés ,

« Et ces vœux sans retour qu'ils n'avaient point formés.

« Martyrs ou fainéans, laisse-les disparaître;

« Éteints, et non détruits, qu'ils meurent sans renaître :

« L'Etat ne leur doit rien ; ils n'ont rien fait pour lui ;

« Et le fisc épuisé redemande aujourd'hui

« Cet or long-tems oisif, conquis sur la faiblesse.

« Bientôt , juste héritier d'une injuste richesse ,

« Tu pourras accueillir de bienfaisans regards

«Les essais du travail, les prodiges des arts.

« Des moissons vont couvrir les landes infertiles;

« Les cités vont s'orner de monumens utiles;

« D'innombrables vaisseaux , élancés de nos ports ,

SUR L'ASSEMf^LÉE DES NOTABLES. 5

" Du Gange el de l'Inclus vont cherclier les trésors.

ce le vois par cent canaux circuler l'abondance;

« Cent hospices s'ouvrant aux maux de l'indigence.

« Ijaisse penser, écrire; entends la vérité.

« Permets que de ïliémis la sage austérité

« Abjure enfin des lois que dicta le délire,

« Et que l'or sans pudeur n'ait plus le droit d'élire.

« Détruis ce jeu royal ouvert aux citoyens,

«Ces impots du hasard qui dévorent leurs biens;

« C-rains le dédale obscur de tant de mains avides

'c Où vont, loin de tes yeux, s'égarer les subsides;

u Crains l'amas effronté de ces valets de rois ,

'( Bien payés pour remplir d'inutiles emplois:

« Apprends que, tôt ou tard, cette pompe insultante

« Amène des Etats la ruine éclatante.

H Toujours, pendant son règne, un monarque flatté c< Entend bénir son nom de la postérité; « Mais, à ce tribunal dès qu'il vient de descendre, «Trop souvent le mépris accompagne sa cendre; « Et , dans soixante rois de leur siècle adorés , c< Je cherche en vain dix noms par le tems consacrés. « Mais le plus beau laurier, immortelle conquête, « De ces rois-citoyens couronne encor la tête. « Obtiens par tes vertus ce laurier généreux. «Que des prisons d'Etat les fondemens affreux, « Démolis, écroulés, à des lois équitables «Réservent le pouvoir de punir les coupables;

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