LE CIMETIERE
DE CAMPAGNE
JLje jour fuit; de Tairain les lugubres accens Rappellent au bercail les troupeaux mugissans; I.e laboureur lassé regagne sa chaumière ; Du soleil expirant la tremblante lumière Délaisse par degrés les monts silencieux; Un calme solennel enveloppe les cieux; Et sur un vieux donjon, que le lierre environne ^ Les sinistres oiseaux, par un cri monotone, Grondent le voyageur, dans sa route égaré. Qui vient troubler l'empire à la nuit consacré.
Près de ces ifs noueux dont la verdure sombre Sur les champs attristés répand le deuil et l'ombre, Sous ces frêles gazons, parure du tombeau, Dorment les villageois, ancêtres du hameau.