‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 57 sur 141 · THE COUNTRY CHURCH-YARD · texte numérisé non relu

THE COUNTRY CHURCH-YARD

The breezy call of iiiceiise-breatliing morn ,

The swallow twittering from the straw-built shed.

The cock's shrill clarion, or the echoing honi, No more shall rouse them from their lowly hed.

For them no more the blazuig hearth shall burii , Or busy housewife ply her evening care :

No children run to lisp their sire' s retm-n, Or climb his knees the envied kiss to share.

Oft did the harvest to their sickie yield ,

Their harrow oft the stubborn glèbe bas broke ;

How jocund did they drive their team afield!

How bow' d the woods beueath their sturdy stroke!

Let not ambition mock their usetul tod, Their homely joys, and destiny obscure;

Nor grandeur hear with a disdainful smile The short and simple annals of the poor.

The boast of heraldry, the pomp of power,

And ail tliat beauty, ail that wealth e'er gave,

Await alike the', inévitable hour,

The paths of glory lead but to the grave.

Nor you, ye Proud, impute to thèse the fault, If Memory o' er their tomb no trophies raise ,

Where through the long-drawn aisle and fretted vaull The pealing anthem swells the notes of praise.

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Kien ne peut les troubler dans leur couche dernière :

Ni le clairon du coq annonçant la lunîière;

Ni du cor matinal l'appel accoutumé;

Ni la voix du printems au souffle parfumé.

Des enfans, réunis dans les bras de leur mère»

Ne partageront plus sur les genoux d'un père

Le baiser du retour, objet de leur désir;

Et le soir, au banquet, la coupe du plaisir

N'ira plus à la ronde égayer la famille.

Que de fois la moisson fatigua leur faucille ! Que de sillons traça leur soc laborieux! Comme au sein des travaux leurs chants étaient joyeux. Quand la forêt tombait sous les lourdes cognées! Que leurs tombes du moins ne soient pas dédaignées; Que l'heureux fils du sort, déposant sa grandeur, Des simples villageois respecte la candeur; Que le sourire altier sur ses lèvres expire. Biens, dignités, crédit, beauté, valeur, empire : Tout vient dans le lieu sombre abymer son orgueil. O gloire! ton sentier ne conduit qu'au cercueil!

Ils n'obtinrent jamais , sous les voûtes sacrées. Des éloges menteurs , des larmes figurées ; Les ministres du Ciel ne leur vendirent pas Le faste du néant, les hvmnes du trépas;

2<)i THE COLNTRY CIIUllCH-YARD.

Clan storied uni, or animated bust,

Back to its mansioii call tlie fleeting breath? Can Honour's voice provoke the sileiit clust,

Or Flattery sootbe tlie dull cold ear of Dealli?

Perhaps in tliis neglected spot is laid

Some heart once pregnant with celestial fire;

Hands, that the rod of empire might bave s\say'd, Or Avaked lo ecstasy tbc Hviiig lyre :

But Knowledge to tbeir eves ber ample page l^icb witli tbe spoils of Time did ne'er unroll ;

Cliill PeuLiry repress'd tbeir noble rage, And froze tbe génial carrent of tbe soid.

Full many a gem of purest ray serene

Tbe dark unfatbom'd caves of océan bear :

Full muny a flower is born to blusb unseen, And waste its s^veetness on tbe désert air,

Some village Hampden, tbat, witb dauntless breast, Tbe little tyrant of bis fields witbstood;

Some mute inglorious jMilton bere may rest, Some Cromwell guiltless of bis country's blood,

Tbe'applause of list'ning senates to command, Tbe tbreats of pain and ruin to despise ,

To scatter plenty o'er a smiling land ,

And read tbeir bistory in a nation' s eyes.

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Mais, perçant du tombeau l'éternelle retraite, Des chants raniment-ils la poussière muette? La flatterie impure, offrant de vains honneurs. Fait-elle entendre aux morts ses accens suborneurs?

Des esprits enflammés d'un céleste délire.

Des mains dignes du sceptre, ou dignes de la lyre,

Languissent dans ce lieu par la mort habité.

Grands hommes inconnus ! La froide pauvreté

Dans vos âmes glaça le torrent du génie;

Des dépouilles du tems la science enrichie

A vos yeux étonnés ne déroula jamais

Le livre où la nature imprima ses secrets;

Mais l'avare Océan recèle dans son onde

Des diamans, l'orgueil des mines de Golconde;

Des plus brillantes fleurs le calice entr'ouvert

Décore un précipice ou parfume un désert :

Là peut-être sommeille un Hampden de village ' ,

Qui brava le tyran de sou humble héritage;

Quelque Milton sans gloire; un Cromwcl ignoré,

Qu'un pouvoir criminel n'a point déshonoré.

1. Jean Hampden, sous le règne de Charles P'^, refusa de payer l'impôt arbitraire du ship - money , alors perçu pour la construction des vaisseaux; refus qui lui attira de longues et cruelles persécutions. Il déploya, dans cette occasion, des vertus et un courage dont les anciens Romains se fussent honores : son nom est, en Angleterre, l'objet de la plus haute ve'ne'ration. Jean

2o4 THE COLNTRY CHLJRCH-YARD.

Tlieir lot forbade : nor circumscrib'd alone

Their growing virtues, but tbeir crimes confnrd;

Forbade to wade through slaughter to a llirone, And sbut tbe gâtes of mercv on niankind.

The struggling pangs of conscious Truth to hide, To quench the blushes of ingenuous Shame,

Or heap the shrine of Luxury and Pride With incense kindled at the Muse' s flanic.

Far from the madding crowd's ignoble strife, Their sober wishes never learn'd to stray;

Along the cool, sequester'd vale of Hfe

They kept the noiseless ténor of their way.

y et e'en tliese bones from insuil to protect, Some frail mémorial slill erected nigh,

With uncouth rhvmes and shapeless sculpture deck Implores the passing tribute of a sigh.

Their name, their years, spelt by the 'unletter'd Musc

The place of famé and elegy supply :

And many a holy text around slie strews,

That teach the rustic moralist to die.

For who, to dumb forgetfulness a prey, Tins pleasing anxious l^eing e'er resign d,

Loft the warm precincts of the checrful day, Nor cast one longing lingering look Ijehind.*

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S'ils n'ont pas des destins affronté la menace, Fait tonner au Sénat leur éloquente audace, D'un hameau dévasté relevé les débris.

Et recueilli l'éloge en des yeux attendris, Le sort, qui les priva de ces plaisirs sublimes. Ainsi que les vertus borna pour eux les crimes : On n'a point vu l'épée, ivre de sang humain. Leur frayer jusqu'au trône un horrible chemin; Ils n'ont pas étouffé dans leur âme flétrie Et la pitié qui pleure, et le remords qui crie; Jamais leur main servile aux coupables puissans N'a des pudiques sœurs prostitué l'encens; Et leurs modestes jours, ignorés de l'envie, Coulèrent sans orage au vallon de la vie.

Quelques rimes sans art, d'incultes ornemens, llecommandent aux yeux ces obscurs monumens; Une pierre attestant le nom, le sexe et l'âge, Une informe élégie, où le rustique sage Par des textes sacrés nous enseigne à mourir. Implorent du passant le tribut d'un soupir. Et quelle âme intrépide, en quittant le rivage, Peut au muet oubli résigner son courage?

Hampdeu fut tué, le 2/; juin i'k'j^, à Chalgrovefielcl , du conilé ilO>.foid, dans une hataille tlonnee contre les partisans de Cliurics l*"'.

2o(; THE COUNTRY CHURCH-YARD.

On some fond breast the parting soûl relies, Sonic pious drops llie closing eye requires;

Ev'n from the tomb the voice of Nature cries, Ev'n in our ashes livc their wonted fires.

For thee, wlio, mindful of the' unhonour'd dcad, Dost in thèse lines their artless taie rrlate;

If chance, by lonely Contemplation led, Some kindred spirit shall inquire thv fate :

Uaply some hoary-headed suain mav sav, « Oft bave \ve seen him at the peep of dawn

« Brushing with hasty steps the dews awav, « To meet the sun upon the upland \a\\n.

« There, at the foot of yonder nodding beech, « That wreathes its old flmtastic roots so high ,

« His listlcss length at noon-tide would lie streîch, a And pore upon the brook that babbics bv.

« Hard by yon Avood, now smiling as in scorn, « Muttering his wayward fancies, lie Avould roye;

«Now drooping, woeful-wan, like one forlorn, « Or craz'd with care , or cross' d in hopeless love,

« One morn I miss'd him on the custom'd hill, « Along the heaîh, and near his favourite trce;

« Another came; nor yet beside the rill,

« Nor up the lawn, nor at the wood was he;

LE CIMETIERE DE CAMPAGNE. 907 Quel œil, apercevant le ténébreux séjour. Ne jette un long regard vers l'enceinte du jour? Nature, chez les morts ta voix se fait entendre; Ta flamme dans la tombe anime notre cendre : Aux portes du néant respirant l'avenir, Nous voulons nous survivre en un doux souvenir.

«Et toi, qui, pour venger la probité sans gloire,

« Du pauvre dans tes vers chantas la simple histoire,

« Si, visitant ces lieux, domaine de la mort,

« Un cœur parent du tien veut apprendre ton sort ,

K Sans doute un villageois, à la tète blanchie,

« Ijui dira: Traversant la plaine rafraîchie,

« Souvent sur la colline il devançait le jour;

« Quand au sommet des cieux le midi de retour

« Dévorait les coteaux de sa brûlante haleine ,

a Seul, et goiitant le frais à l'ombre d'un vieux chêne,

« Couché nonchalamment, les yeux fixés sur l'eau,

« Il aimait à rêver au doux bruit du ruisseau ;

« Le soir, dans la forêt, loin des routes tracées,

« Il égarait ses pas et ses tristes pensées ;

«Quelquefois, en quittant ces bois religieux,

« Des pleurs mal essuyés mouillaient encor ses yeux;

« Un jour, près d'un ruisseau, sr.r le mont solitaire,

« Sous l'arbre favori , le long de la bruyère ,

« Je cherchai, mais en vain, la trace de ses pas;

«Je vins le jour suivant, je ne le trouvai pas;

•2o8 THÉ COUNTRY CHURCH-YARD.

« The iiext wltli dirges due in sad array

« Slow tliro tlie church-way path v,e saw him borne:

« Approacli and read (for thon canst read) the lay, « Grav'd on the stone beneath yon aged thorn. »

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