DU DUC DE BRUNSWICK
Venez, qu'un récit plein de larmes Dise sa mort et nos douleurs; Et périsse le cœur stoïque Qui, près de sa cendre héroïque, Passera sans verser des pleurs!
Quelle âme en vertus si féconde Résiste au poison des flatteurs? Le berceau des maîtres du monde Est entouré de corrupteurs.
Un monstre, ami de tous les vices.
Va sécher dans ces cœurs novices La bonté qui nous vient des dieux, Et flétrit les enfans du trône, Comme ces fruits qu'avant l'automne Dévore un insecte odieux.
On a vu des rois exécrables.
Ne régnant que par des complots.
Ivres du sang des misérables.
Dormir au bruit de leurs sanglots.
Ils dormaient sur un précipice!
Il est venu le jour propice Qui doit être enfin leur écueil; Et, frappés d'une mort affreuse, Ijcur mémoire cadavéreuse Va s'abîmer dans le cercueil.