‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 82 sur 141 · IMITATION DE PFEFFEL · texte numérisé non relu

IMITATION DE PFEFFEL

V^UE de la liberté la couronne guerrière Sur ton humide front remplace les roseaux! Que des nuits, belle Alsa, l'inégale courrière De ses feux argenté tes eaux!

Parcours avec orgueil nos campagnes fécondes ; Raconte au dieu du Rhin la fin de nos malheurs; Ton urne assez long-tems n'a versé dans ses ondes Que des flots grossis de nos pleurs.

Vois le cultivateur sur la rive fleurie: Couché dans la poussière, il étouffait sa voix; Maintenant, fier et libre, il chante la patrie, Qui renaît , et lui rend ses droits.

Entends-tu comme au loin les trompettes civique» Raniment les Français sous le joug expirans;

3i8 ALSA.

Comme la liberté, par ses divins cantiques, Porte l'effroi chez nos tyrans?

Chargés du poids des fers, ainsi que nos compagnes, Nous avions oublié ces aimables accens; Les éclios attristés, le long de nos montagnes, Répétaient des sons gémissans;

Alsa, vois tout-à-coup sur les Vosges hautaines Flotter des trois couleurs l'étendard immortel; Vois de la liberté qui régnait dans x\.thènes Se relever l'antique autel.

Vois de nos légions la jeunesse aguerrie, S'avançant vers l'autel aux accens de l'airain, Jurer de maintenir les droits de la patrie, Les droits du peuple souverain.

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