‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 95 sur 141 · HYMNE SUR LA TRANSLATION · texte numérisé non relu

HYMNE SUR LA TRANSLATION

Ton souffle créateur nous fit ce que nous sommes : Reçois le libre encens de la France h genoux ; Sois désormais le dieu du temple des grands hommes, Toi , qui les as surpassés tous.

Le flambeau vigilant de ta raison sublime Sur des prêtres menteurs éclaira les mortels ; Fléau de ces tyrans, tu découvris l'abîme

Qu'ils creusaient aux pieds des autels.

Tes tragiques pinceaux des demi-dieux du Tibre Ont su ressusciter les antiques vertus; Et la France a conçu le besoin d'être libre Aux fiers accens des deux Brutus.

Sur cent tons différens, ta lyre enchanteresse, Fidèle à la raison comme à l'humanité, Aux mensonges brillans inventés par la Grèce Unit la simple vérité.

Citoyens! courez tous au-devant de Voltaire: Il renaît parmi nous, grand, chéri, respecté; Comme à son dernier jour, ne prêchant à la terre Que Dieu seul et la liberté.

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