‹ uvres de M. J. ChénierChapitre 96 sur 141 · DES CENDRES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

DES CENDRES DE VOLTAIRE

Il cherche en vain ces tours, cet enfer du génie, Dont son aspect deux fois fit le temple des arts; La Bastille est tombée avec la tyrannie Qui bâtit ses triples remparts.

Il voit ce champ de Mars, où la liberté sainte De son trône immortel posa les fondemens; Des Français rassemblés dans cette auguste enceinte Il reçoit les seconds sermens.

Le fanatisme impur, cette sanglante idole. Suit le char de triomphe avec des cris affreux ; Tels Emile ou César, aux murs du Capitule, Tramaient les rois vaincus par eux.

Moins belle fut jadis sa dernière victoire , Lorsqu'aux jeux du théâtre un peuple transporté, A ce vieillard mourant sous le poids de la gloire. Décernait l'immortalité.

La Barre! Jean Calas! venez, plaintives ombres, Innocens condamnés, dont il fut le vengeur: Accourez un moment du fond des rives sombres ; Joignez-vous au triomphateur.

35o HYxMNE SUR LA TRANSLATION Chantez, j:)euples pasteurs, qui des monts helvétiques Vîtes long-tems planer cet aigle audacieux; Habitans du Jura, que vos accens rustiques Portent sa gloire jusqu'aux cieux.

Fils d'Albion, chantez; Américains, Bataves, Chantez ; de la Raison célébrez le soutien ; Ah! de tous les mortels qui ne sont point esclaves Voltaire est le concitoyen.

Vous, peuples, qu'en secret lasse la tyrannie, Chantez : la liberté viendra briser vos fers : Sa main dresse en nos murs un autel au génie : C'est un beau jour pour l'univers.

Dieu des dieux, roi des rois, nature, Providence, Etre seul immuable et seul illimité.

Créateur incréé, suprême intelligence.

Bonté , justice , éternité :

Tu fis la liberté ; l'homme a fait l'esclavage : Mais souvent dans son siècle un mortel inspiré, Pour les siècles suivans, de ton sidilime ouvrage Conserve le dépôt sacré.

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