DES PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS
lions, par exemple, à tout âge, plus expansifs, plus aimants, ou plus gais dans le printemps, comme plus concentrés ou plus mélancoliques en automne, c'est qu'indépendamment de toutes les circonstances extérieures et de toutes les idées associées, certaines révolutions organiques qui surviennent à ces époques dans certains organes internes, y réveillent des traces d'affections antérieures assoupies, entraînent l'imagination dans le cercle des mêmes fantômes, et donnent des lois à cette faculté au lieu de recevoir les siennes.
20 Comme les affections simples laissent après elles des attraits ou des répugnances, des appétits ou des besoins d'organisation, les intuitions laissent des images ou fantômes qui se réveillent spontanément, d'après les conditions organiques dont nous avons parlé, et qui peuvent se représenter dans l'organe interne de l'imagination, associées entre elles suivant le même ordre successif ou simultané qu'avaient dans le sens externe les conditions premières dont elles sont lestraces. Les associations des images visuelles, qui se représentent coordonnées dans un espace, peuvent être appelées organiques ou naturelles. Mais il est une autre sorte d'associations irrégulière qui ne s'assujettit nullement à l'ordre premier des impressions directes. L'organe interne de l'intuition, soustrait alors à la direction et à l'empire de l'àme, peut en effet se composer à lui-même des fantômes bizarres et sans suite, avec des éléments intuitifs qui sortent de leur état d'association naturelle ou organique, pour se réunir dans un autre ordre d'agrégation que j'appellerai spontanée ou fortuite. Ce sont ces agrégations fortuites de fantômes composés de toutes pièces, avec des éléments épars, sans liaison et sans ordre, qui constituent les songes ou les rêves du sommeil, ceux delà veille, du délire
OU de la manie produits dans l'homme comme dans les animaux qui ont aussi leurs rêves, en vertu des seules dispositions du centre cérébral et de ses sympathies particulières avec des organes intérieurs.
30 Les impressions entraînent, comme nous l'avons vu, des mouvements qui sont les produits nécessaires d'une réaction cérébrale proportionnée à la cause excitative qui les détermine. Or, comme les affections laissent après elles des appétits et des besoins, les mouvements produits par ces affections et qu'on peut appeler mouvements affectifs ou sympathiques, laissent après eux des tendances ou des déterminations qui seraient aussi très bien nommées appétitives. Ces déterminations, effectuées toutes les fois que les appétits analogues renaissent spontanément dans l'organisation, amènent les mouvements que j'ai désignés sous le titre de sympathiques. En se répétant hors de toute excitation affective ou appétitive et par les seules dispositions qu'a contractées le centre moteur, dans ses réactions sympathiques antérieures, les mouvements sympathiques deviennent spontanés. On peut donc aussi appeler spontanéité cette sorte de faculté organique qui les produit, en observant que la capacité motrice n'est pas ici commandée ou entraînée par aucune affection, aucun appétit dominant, aucun besoin étranger à celui du mouvement même.
A l'exercice des mouvements spontanés se joint une sensation particulière et sui generis, qui, dans son origine, n'est pas encore accompagnée du sentiment d'un pouvoir moteur, mais à laquelle ce sentiment se lie d'une manière immédiate, aussitôt que la force hyperorganique ou non commandée agit elle-même sur ce centre de motilité. Alors, et seulement alors, naît l'effort et le moi.
Tel est l'ordre des progrès par lesquels l'être purement
DES PHÉNOMÈNES CONSÉCTTIFS
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