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UNION DU MOI AVEC LES AFFECTIONS PAR ATTRIBUTION AUX ORGANTS

Nous avons déjà vu que ce n'est qu'autant que le sujet de l'effort se distingue du corps en masse ou des différentes parties mobiles à volonté, qu'il peut y avoir un fondement naturel à ce premier jugement : moi odeur, moi saveur, moi plaisir ou douleur; ou je sens, j'existe avec telle modification, formule qui exprime le rapport d'attribution personnelle.

Les métaphysiciens partent ordinairement de ce rapport comme d'un principe simple et indécomposable. Ils prennent l'absolu ou le noumène de l'âme pour le premier terme ou le sujet d'attribution ; et si le second terme, ou

(1) Nous avons la copie de cette Sectioiu Le titre a été ajouté par E. X. (P. T.)

le mode attribué, n'est pas une idée innée, une virtualité ou une forme inhérente à l'âtoe, c'est une idée de sensation, qui se trouve ainsi naturellement composée, ou qui découle du monde extérieur, faite de toutes pièces. Tel est le point de vue de Locke. Condillac lui-même, supposant que l'âme de sa statue devient la modification d'odeur de rose, ou que son moi est l'odeiu", admet déjà un rapport d'attribution personnelle, Sous la forme de l'hypothèse qui représente l'unité sentante, simple, absolue, il retient encore malgré lui l'idée d'un composé, ou d'une sorte de dualité dont il confond exprès les deux éléments, comme pour se dispenser de toute analyse ultérieure.

Ce serait un tour de force vraiment extraordinaire, et dont la difficulté n'a peut-être pas assez étonné les métaphysiciens et Condillac en particulier, que de prétendre faire ressortir de l'unité absolue deux éléments aussi distincts l'un de l'autre que le sont, dans le fait relatif de conscience, je ne dis pas le sujet et l'objet représenté, mais le moi et la simple affection ou modification sensible variable. On peut toujours demander, en efEet, dans le système des unitaires, soit spiritualistes, soit matérialistes, ce qu'est le moi; s'il a une existence propre, indépendante de tous les modes qui lui sont attribués; ou s'il n'est que comme le zéro qui n'acquiert de valeur réelle qu'en s'unissant à quelque chiffre significatif. Nous pouvons, je crois, répondre maintenant à cette question, sans sortir des limites de l'expérience intérieure ou du fait primitif de sens intime.

Ecartons, en effet, toutes les causes d'impressions étrangères ; que les yeux soient ouverts dans les ténèbres, l'ouïe tendue dans le silence de la nature, l'air et tous les fluides ambiants en repos, les instruments de la vie orga-

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