UNION DU MOI AVEC LES AFFECTIONS
nique dans un parfait équilibre ; que le corps reste immobile, mais que tous ses muscles soient contractés par un eflFort voulu; nous trouvons dans le sens immédiat de cet effort le fondement unique de l'existence personnelle ou ce qui fait proprement le durable de notre être. Maintenant toutes les impressions variables et accidentelles de la sensibilité viennent coïncider, tant que la veille dure, avec ce mode actif et fondamental, uniformément continué, mais elles ne s'y unissent pas toutes de la même manière, et nous avons vu quelles sont les trois conditions primordiales de cette union, et les trois classes de phénomènes psychologiques qui leur correspondent. Nous ne nous occupons ici que du premier et des plus simple de tous.
Les impressions purement affectives, qui se confondent d'abord avec un' sentiment confus de la vie générale absolue, prennent un caractère de relation en s'unissant par simple coïncidence avec Teffort ou le moi. C'est ainsi qu'elles sont rapportées au corps en masse ou localisées dans des organes particuliers.
Dans le premier cas, le sujet de l'effort, toujours distinct dans le fait de conscience de l'inertie organique, svmpathise avec toutes les impressions affectives qui s'y rapportent, jusqu'à s'identifier ou se confondre avec elles, lorsqu'une excitation spontanée les élève au point d'absorber le sens de l'effort et de la résistance. Aussi l'union du nioi avec une affection générale n'a-t-elle aucune fixité, et c'est là qu'on peut dire que la matière est toujours prête à l'emporter sur la forme.
Dans le deuxième cas, oii l'impression vient affecter une partie déterminée du corps, mobile à volonté, le moi rapporte l'affection là oii il sent une résistance partielle, et il perçoit l'impression sensible, conmie occupant le
même lieu que la résistance organique, sans confondre l'une avec l'autre. C'est ainsi, par exemple, que si j'éprouve une douleur dans le pied ou dans telle autre partie mobile de mon corps, j'ai le sentiment très distinct de l'existence de cette partie, comme terme d'un effort voulu, indépendamment de l'impression accidentelle que je perçois, en l'y rapportant, pendant que je ne sens telle autre partie intérieure, sur laquelle ma volonté n'agit point, qu'autant qu'elle est accidentellement affectée. Voilà pourquoi les impressions ne sont jamais nettement circonscrites dans les organes internes, qui sont étrangers à toute perception, parce qu'ils le sont au sens de l'effort. Nous voyons par là :
lo Que ce premier rapport d'attribution aux organes, qui seul élève une affection simple au rang de l'idée de sensation, n'a point sa base première dans l'impression sensible, qui ne se distingue et ne se localise pas toute seule ;
2» Que le caractère de relation est purement accidentel à toutes nos affections, qui peuvent tour à tour l'admettre ou l'exclure, suivant qu'elles s'associent avec l'effort dans certains organes particuliers, ou qu'elles s'en séparent, en absorbant le sentiment propre de cet effort ou du moi.