‹ uvres de Maine de BiranChapitre 27 sur 63 · DES DIFFÉRENTES ESPÈCES D'ÉMOTIONS · texte numérisé non relu

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES D'ÉMOTIONS

voudra i une fois ce sigfie choisi et bifen déterminé, il ne sera plus permis de le transformer arbitraitement èh catégorie ou en terme conventiomiel d'tme classe de phénomènes étrangers à sa nature.

On a vainement essajé de dériver toutes les facultés de l'intelligence du système sensitif , dont poiis venons de tracer Ic caractère et de marquer les limites.

Toutes les tentatives faites dans ce point de vue systématique n'ont abouti qu'à établir un ordre de vérités conditionnelles, bien liées par l'expression, quoique étrangères aux faits de sens intime. Je poiirrais de même étendre la nomenclature de ce systèine en y comprenaiit les sigties de diverses fafcultés intellectuelles, considérées comme des résultats de la sensation qui se transforme. On y trouverait le caractère d'une espèce d'attention qui n'est que la sensation devenue exclusive de toute autrci d'ilne mémoire qui n'est qile l'intuition même prolongée par la vibratilité |)ropre à certains organes, d'une comparaison qui se réduit à des associations passive ou orgatiiqtleê ; d'tme imagination spontanée on subordonnée au± affections de la sensibilité intérieure; eriiSn d'une sorte de réflexion spéculaire oii les images se trouvent répétées et multipliées comme par im jeu de iiiirôir. Mais, en faisant l'analyse dès phétiomèiies sehsitifs, que l'esprit de système a voulu comprendre sous ces titres nominaux et arbitraires d'attention, comparaison, mémoire, réflexion^ nous n'avons pas encore trouvé la place des facultés proprement activés auxquelles ces signes doivent expressément s'appliquer, dans ime classificâtîoti exacte et uiie nomenclature précise des faits psychologiques, ou des facultés humaines de diflférents ordres.

Tous lés phénomènes de l'ordre sen^tif se coinpliqùèîit ou se combinent entre-eûx spontanément de différentes

manières : chacun de ces phénomènes se trouve composé d'une multitude infinie d'éléments qu'il n'est point au pouvoir de l'individu de séparer ou de distinguer des autres. Quoi qu'en aient dit Locke et ses disciples, il n'y a point d'idée de sensation ou d'image véritablement simple. Le simple n'existe que dans la pensée; mais, dans le système sensitif, tout est composé; lemo* lui-même n'existe que dans le concret avec les impressions accidentelles des sens. Les véritables signes intellectuels disponibles, sur lesquels se fondent les véritables abstractions réflexives, sont bien en dehors de ce système, où il n'y a lieu qu'à des signes involontaires, sympathiques, qui, loin d'aider l'analyse, ne font qu'étendre ou grossir les composés, en excitant plusieurs émotions et réveillant une multitude d'images à la fois.

Quelles sont les facultés qui pourront donner de véritables signes de décomposition, se diriger elles-mêmes contre le torrent des habitudes de l'imagination et des sens et atteindre jusqu'à ce simple qui ne dépend plus de la nature des impressions sensibles ? Quels instruments mettront ces facultés en exercice ? C'est ce que nous allons étudier dans les deux ordres suivants (1). Celui

( 1 ) « Les signes institués volontairement », dit Condillac, « rendent l'exercice de nos facultés disponible. »

Il y a donc une activité réeUe, soit dans la sensation, soit hors de la sensation. Quelle est la source de cette activité, ou plutôt quels sont les moyens et les instruments par lesquels eUe se déploie ? Comment les signes du langage oral sont-ils disponibles ? Comment peuvent-ils communiquer ce caractère aux idées auxquelles ils s'associent, à l'exercice des opérations qui se fondent sur leur emploi ? Ce n'est pas en s'arrêtant au système sensitif qu'on peut trouver la réponse à ces questions. Condillac, songeant comme tous les inventeurs à l'utiUté pratique de sa découverte, n'est point remonté jusqu'aux principes qui devaient lui servir de base. S'il l'eût fait, nous aiirions eu sans doute un autre Traité des sensations, qui, en remontant aux principes de la disponibilité des signes, eût appliqué et développé le principe, au lieu de le faire oublier ou méconnaître.

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dont nous sortons représente l'enfance de l'homme et des peuples, qui sont encore sous l'empire exclusif de la sensibilité, ou sous le charme de l'imagination et des passions. Nous allons voir succéder l'âge de la raison, appliquée à l'étude et à la classification des phénomènes natiu-els, et, plus tard, à celui de la réflexion, où l'homme crée les sciences abstraites et apprend à se connaître lui-même.

SECT10> IKUISIEME

SYSTÈ^HE PERCEPTIF ACTIF OU SYSTÈ5IÉ DE L'ATTENTION

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