‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 109 sur 415 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la préoccupation des commentateurs.

Gel excès de préoccupation parait bien plus étrange dans ceux qui commentent quelque auteur, parce que ceux qui entreprennent ce travail, qui semble de soi peu digne d'un homme d'esprit, s'imaginent que leuis auteurs méritent l'admiration de tous*les hommes. Us se regardent aussi comme ne faisant avec eux qu'une même personne; et dans cette vue Taraour-propre joue admirablement bien son jeu. Us donnent adroitement des louanges avec profusion à leurs auteurs, ils les environnent de clartés et de lumière, ils les comblent de gloire, sachant bien que cette gloire rejaillira sur eux-mêmes. Cette idée de grandeur n'élève pas seulement Aristote ou Platon, dans l'esprit de beaucoup de gens, elle imprime aussi du respect pour tous ceux qui les ont commentés; et tel n'aurait pas fait l'apothéose de son auteur, s'il ne s'était imaginé comme enveloppé dans la même gloire.

Je ne prétends pas toutefois que tous les commentateurs donnent des louanges à leurs auteurs dans l'espérance du retour ; plusieurs en auraient quelque

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