‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 158 sur 415 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

couvreon le peut voir de plusieurs millions de lieues et de tous les côtés. Et ce qui parait encore fort étrange, c'est que les corps qui ont beaucoup d'action, comme l'air et quelques autres, n'ont point la force de pousser au dehors de ces images qui leur ressemblent; ce que font les corps les plus grossiers et qui ont le moins d'action, comme la terre, les pierres cl presque tous les corps durs.

Mais on ne veut pas s'arrêter davantage à rapporter toutes les raisons contraires à cette opinion, parce que ce ne serait jamais fait, le moindre effort d'esprit en fournissant un si grand nombre qu'on ne le peut épuiser. Celles que nous venons de rapporter sont suffisantes, et elles n'étaient pas même nécessaires après ce qu'on a dit qui regarde ce sujet dans le premier livre, lorsqu'on a expliqué les erreurs des sens. Mais il y a un si grand nombre de philosophes attachés à cette opinion, qu'on a - cru qu'il était nécessaire d'en dire quelque chose pour les porter à faire réflexion sur leurs pensées.

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