LIVRE TROISIÈME. 89 S
que Ton vient de dire dans ce chapitre. De plus, il est nécessaire qu'en tout temps nous ayons actuellement dans nous-mêmes les idées de toutes choses; puisqu'en tout temps nous pouvons vouloir penser à toutes cho- -ses ; ce que nous ne pourrions pas si nous ne les apervions déjà confusément, c'est-à-dire si un nombre infini d'idées n'était présent à notre esprit; car enfin on ne peut pas vouloir penser à des objets dont on n'a aucune idée. De plus^ il est évident que l'idée ou l'objet immédiat de notre esprit, lorsque nous pensons à des espaces immenses, à un cercle en général, à Tôlre indéterminé, n'est rien de créé ; car toute réalité créée ne peut être ni infinie ni même générale, tel qu'est ce que nous apercevons alors. Mais tout cela se verra plus clairement dans la suite.