‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 175 sur 415 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

je me trompe si je juge des autres par moi-même; je suis sujet à certaines passions ; j'ai de l'amitié ou de l'aversion pour telle ou telle chose, et je juge que les autres me ressemblent; ma conjecture est souvent fausse. Ainsi la connaissance que nous avons des autres hommes est fort sujette à l'erreur si nous n'en jugeons que pat* les sentiments que nous avons de nous-mêmes.

S'il y a quelques êtres différents de Dieu, de nousmêmes, des corps et des purs esprits, cela nous est inconnu. Nous avons de la peine à nous persuader qu'il y en ait : et après avoir examiné les raisons de certains philosophes qui prétendent le contraire, nous les avons trouvées fausses; ce qui nous a confirmé dans le sentiment que nous avions, qu'étant tous hommes de même nature, nous avions tous les mômes idées, parce que nous avons tous besoin de connaître les mêmes.

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