III
UG RECHEBCIIE DE LA VÉRITÉ.
lestes sont autant de divinités, comme Aristote leur maître l'a cru.
La beauté de l'univers ne consiste pas dans Tincorruplibiiilé de ses parties, mais dans la variété qui s'y trouve ; et ce grand ouvrage du monde ne serait pas si admirable sans cette vicissitude de choses que Ton y remarque. Une matière infiniment étendue, sans mouvement, et par conséquent sans forme et sans corruption,ferait bien connaître la puissance infinie de son auteur, mais elle ne donnerait aucune idée de sa sagesse. C'est pour cela que toutes les choses corporelles sont corruptibles, et qu'il n'y a point de corps auquel il n'arrive quelque changement qui l'altère et le corrompe avec le temps. Les pierres et le verre môme servent de nourriture à quelques insectes*. Ces corps, quoique fort durs et fort secs, ne laissent pas de se corrompre avec le temps. L'air et le soleil, auxquels ils sont exposés, changent quelques-unes de leurs parties, et il se trouve des vers qui s'en nourrissent, comme l'expérience le fait voir
Il n'y a point d'autre différence entre ces corps fort durs et fort secs et les autres, si ce n'est qu'ils sont composés de parties fort grosses et fort solides, et par conséquent moins capables d'être agitées, et séparées les unes des autres par le mouvement de celles qui viennent heurter contre elles, ce qui fait qu'on les
contraire c'est de tous les corps et le plus chaud et le plus sujet au changement. C'est même lui qui échauffe, qui agite et qui change toutes choses ; car c'est lui qui produit par son action, qui n est autre chose que sa chaleur ou le mouvement de ses parties, tout ce que nous voyons de nouveau dans les changements des saisons. La raison démontre ces choses : mais si on peut résister à la raison, on ne peut résister à l'expérience ; car, puisqu'on a découvert dans le soleil, par le moyen des télescopes ou grandes lunettes, des taches aussi grandes que. toute la terre qui s'y sont formées et qui se sont dissipées en peu de temps, on ne peut pas davantage nier qu'il ne soit beaucoup plus sujet au changement que la terre que nous habitons. Tous les corps sont donc dans un mouvement et dans un changement continuel, et principalement ceux qui sont les plus fluides, comme le feu, l'air et l'eau ; puis les partiesdeà corps vivants, comme la chairetmôme les os, etenfinlesplus durs; et l'esprit ne doitpas supposer une espèce d'immutabilité dans les choses, par cette raison qu'il n'y voit point de corruption ni de changement. Car ce n'est pas une preuve qu'une chose soit toujours semblable à elle-même à cause qu'on n'y reconnaît point de différence, ni que des choses ne soient pas à cause que l'on n'en a point d'idée ou de connaissance.