‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 237 sur 415 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Gomment rinclination que Ton a pour les dignités et les richesses porte h l'erreur.

Les dignités et les richesses aussi bien que la vertu et les sciences dont nous venons de parler, sont les principales choses qui nous élèventau-dessus des autres hommes, car il semble que notre ôlre s'agrandisse et devienne comme indépendant par la possession de ces avantages, de sorte que Tamour que nous nous portons à nous-mêmes se répandant naturellement jusqu'aux dignités et aux richesses, on peut dire qu'il n'y a personne qui n'ait pour elles quelque inclination petite ou grande. Expliquons en peu de mots comment ces inclinations nous empêchent de trouver la vérité et nous engagent dans le mensonge et dans Terreur.

Nous avons montré en plusieurs endroits qu'il faut beaucoup de temps et de peine, d'assiduité et de contention d'esprit pour pénétrer des vérités composées, environnées de difQcultés, et qui dépendent de beaucoup de principes : de là il est facile déjuger que les personnes publiques qui sont dans de grands emplois, qui ont de grands biens à gouverner et de grandes affaires à conduire, cl qui désirent ardemment les dignités et les richesses, ne sont guère propres à la recherche de ces vérités, et qu'ils tombent souvent dans

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