‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 281 sur 415 · IV · texte numérisé non relu

IV

sentimeals qui convaioquent sensiblement que Ton tient à certaines choses pour lesquelles ils excitent de l'amour. Or Ton ne sent point runion naturelle qu'on a avec Dieu lorsqu'on connaît la vérité ; on ne pense pas même à lui ; car il est et opère en nous d'une manière si secrète et si insensible que nous ne nous en apercevous pas. L'union que nous avons naturellement avec Dieu n'excite donc point notre amour pour lui. Maïs il n'en est pas de même de l'union que nous avons avec les choses sensibles. Tous nos sentiments prouvent cette union : les corps nous frappent la vue lorsqu'ils agissent en nous, leur action n'a rien de caché. Notre propre corps nous est même plus présent que notre esprit, et nous le considérons comme la meilleure partie de nous-mêmes. Ainsi l'union que nous avons avec notre corps, et par notre corps, à tous les objets sensibles, excite en nous un amour violent qui augmente cette union, et qui nous rend dépendants des choses qui sont infiniment au-dessous de nous.

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