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Âiosi la haine, la crainte et les autres espèces d'aversions qui ont le mal pour objet sont des passions trèsviolentes. Elles donnent à l'esprit des secousses iniprévuesqui Tétourdissentet qui le troublent ; elles pénèlrent bientôt jusque dans le plus secret de Tâme, et renversant la raison de son siège, elles prononcent sur toutes sortes de sujets des jugements d'erreur et d'iniquité pourfavoriser leur folie et leur tyrannie.
De toutes les passions ce sont les plus cruelles et les plus défiantes, les plus contraires à la charité et à la société civile, et en même temps les plus ridicules et les plus extravagantes, car elles forment des jugements si impertinents et si bizarres, qu'ils excitent la risée et l'indignation de tous les hommes.
Ce sont ces passions qui mettaient dans la bouche des pharisiens ces discours extravagants : Que faisonsnom ? Cet homme fait plusieurs miracles. Si nous le laissons continuer^ tout le monde croira en lui^, les Romains vien* dront et ruineront notre ville et notre nation. Ils tombaient d'accord que Jésus-Christ faisait plusieurs miracles, la résurrection de Lazare était incontestable. Quel était cependant le jugement de leurs passions? De faire mourir Jésus-Christ et Lazare même qu'il avait ressuscité. Mais pour quelle raison faire mourir Jésus-Christ? parce que si nous le laissons continuer, tout le monde croira en lui/lesRomainsviendront etruinerontnotre ville et notre nation. Et pourquoi vouloir donner la mort à Lazare? Parce que plusieurs Juifs se retiraient d'avec eux à cause de lui, et croyaient en Jésus ^, Jugements cruels et extravagants tout ensemble : cruels par la haine et extravagants par la crainte, les Romains viendront et ruineront notre ville et notre nation.
1 Joan. XI, 47* * Joan, x\iv, il.
Ce sont ces mêmes passions qui faisaient dire à ane assemblée composée d'Anne le grand prêtre, de Gaîphe, Jean, Alexandre, et de tous ceux qui étaient de la race sacerdotale : Que ferons-nous à ces gens-ci? car ils ont fait un miracle qui est connu de toute la ville , nous ne pouvons pas le nier. Mais afin que cela ne se répande pas davantage parmi le peuple^ menaçons-les de ks punir s'ils continuent d'enseigner au nom de Jésus *.
Tous ces grands hommes prononcent un jugement injuste et impertinent tout ensemble, parce que leurs passions les agitent et que leur faux zèle les aveugle. Ils n'osent punir les apôtres à cause du peuple, et parce que rhomme qui avait été miraculeusement guéri avait plus de quarante ans et était présent à l'assemblée, mais ils les menacent pour les empêcher d'enseigner au nom de Jésus. Ils s'imaginent devoir condamner une doctrine à cause qu'ils en ont fait mourir l'auteur. Vous voulez, disent-ils aux apôtres, nous charger du sang de cet homme *.
Lorsque le faux zèle sejoint à la haine, il la met à couvert des reproches de laraison, et il la justifie de telle manière qu'on ferait même scrupule dé n*en pas suivre les mouvements. Et lorsque l'ignorance et la faiblesse accompagnent la crainte, elles retendent à une infinité de sujets, et elles en fortifient de telle sorte les émotions, que le moindre soupçon effarouche et trouble la raisoQ.
Les faux zélés s'imaginent rendre service à Dieu lorsqu'ils obéissent à leurs passions» Ils suivent aveuglément les inspirations secrètes de leur haine comme des inspirations de la vérité intérieure^ et s'arrétant avec plaisir aux preuves de sentiment qui justifient leur excès, ils se confirment dans leurs erreurs avec une opiniâtreté insurmontable.
« Act. IV.
« Act. V.