‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 336 sur 415 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

mencer si souvent les comparaisons qui servent à découvrir la vérité que Ton cherche, qu'on ne puisse s'enapôcher de la croire,sans sentir les reproches secrets du maltre qui répond à notre demande, je veux dire à notre travail, à l'application de notre esprit et aux désirs de notre cœur. Et alors cette vérité pourra nous servir de principe infaillible pour avancer dans les sciences.

Toutes ces règles que nous venons de donner ne sont pas nécessaires généralement dans toute sorte de questions; car lorsque les questions sont très- faciles, la première règle suffit; Ton n'a besoin que de la pre* mière et de la seconde dans quelques autres questions. En un mot, puisqu'il faut faire usage de ces règles jusqu'à ce qu'on aitdécouvert la vérité que l'on cherche, il est nécessaire d'en pratiquer, d'autant plus que les questions sont plus difficiles.

Ces règles ne sont, pas en grand nombre. Elles dé' pendent toutes les unes des autres. Elles sont natu* relies, et on se les peut rendre si familières, qu'il ne sera point nécessaire d'y penser beaucoup dans le temps qu'on s'en voudra servir. En un mot, elles peuvent régler l'attention de l'esprit sans le partager, c'està-dire qu'elles ont une partie de ce qu'on souhaite. Mais elles paraissent si peu considérables par elles-mêmes, qu'il est nécessaire, pour les rendre recommandables, que je fasse voir que les philosophes sont tombés dans un très-grand nombre d'erreurs et d'extravagances, à cause qu'ils n'ont pas seulement observé les deux premières, qui sont les plus faciles et les principales, et que c'est aussi par l'usage que M. Descartes en a fait qu'il a découvert toutes ces grandes et fécondes vérités dont on peut s'instruire dans ses ouvrages.

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