‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 339 sur 415 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

d'ordinaire autant qu'ils ont de différentes sensations des corps et qu'ils pensent que ces corps produisent d'effets différents.

Cependant il est visible à tout homme capable de quelque attention que tous ces petits êtres distingués du feu, par exemple, et que Ton suppose y être contenus pour produire la chaleur, la lumière, la dureté, la fluidité, etc., ne sont que des Actions de l'imagination qui se révolte contre la raison ; car la raison n'a point d'idée particulière qui représente ces petits êtres. Si l'on demande aux philosophes quelle sorte d'entité c*est que la faculté qu'a le feu d'éclairer, ils ne répondront autre chose sinon que c'est un être qui est la cause que le feu est capable de produire la lumière. De sorte que l'idée qu'ils ont de cette faculté d'éclairer n'est pas différente de l'idée générale de la cause et de l'idée confuse de l'effet qu'ils voient. Ils n'ont donc point d'idée claire de ce qu'ils disent, lorsqu'ils admettent de ces êtres particuliers. Ainsi, ils disent ce qu'ils ne conçoivent même pas, et ce qu'il est même impossible de concevoir.

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