LIVRE SIXIÈME. 4t
appuyées sur Tignorance od Ton est de beaucoup de choses.
Si Ton ne souhaite pas d'examiner d'où vient que les aimants se repoussent lorsqu'on leur oppose les mêmes pôles, mais plutôt d'où vient qu'ils s'approchent et qu'ils se joignent l'un à l'autre lorsqu'on présente le pôle septentrional de l'un au pôle méridional de l'autre, la question sera plus difficile et un seul moyen ae suffira pas pour la résoudre. Ce n'est point assez de connaître exactement les rapports qui sont entre les pôles de ces deux aimants, ni de recourir au moyen que l'on a pris pour la question précédente, car ce moyen semble au contraire empêcher l'effet dont on chercherait la cause. Il ne faut point aussi recourir à aucune des choses que nous ne connaissons point clairement être les causes naturelles et ordinaires des mouvements corporels, ni nous délivrer de la difficulté de la question par l'idée vague et indéterminée d'une qualité occulte dans les aimants, par laquelle ils s'attirent l'un l'autre; car l'esprit ne peut concevoir clairement qu'un corps en puisse attirer un autre.
L'impénétrabilité des corps fait clairement concevoir que le mouvement se peut communiquer par impulsion, et l'expérience prouve, sans aucune obscurité, qu'effectivement il se communique par cette voie. Mais il n'y a aucune raison ni aucune expérience qui démontre clairement le mouvement d'attraction; car, dans les expériences qui semblent les plus propres à prouver cette espèce de mouvement, on reconnaît visiblement, lorsqu'on en découvre la cause véritable et certaine, que ce qui paraissait se faire par attraction ne se fait que par impulsion. Ainsi, il ne faut point s'arrêter à d'autre communication de mouvement qu'à celle qui se fait par impulsion, puisque cette manière est certaine et incontestable, et qu'il y a du moins quelque
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obseurité dans les autres qu'on pourrait ima^Der. Mais, quand on pourrait même démontrer qu'il y a dans les choses purement corporelles d'antres principes de mouvement que la rencontre des corps, on ne pourrait raisonnablement rejeter celui-ci ; l'oa doit même s'y arrêter préférablement à tout autre, puisqu'il est le plus clair et le plus évident, et qu'il paraît si incontestable, qu'on ne craint point d'assurer qu*il a été reçu de tous les peuples et dans tous les temps.
L'expérience fait connaître qu'un aimant qui nage librement sur l'eau s'approche de celui qu'on tient en sa main lorsqu'on lui présente un certain côté ; il fiiul donc conclure qu'il est poussé vers lui. Mais, comme ce n'est pas l'aimant que l'on tient qui pousse celui qui nage, puisque celui qui nage s'approche de celai que l'on tient, et que cependant celui qui nage ne se remuerait point si Ton ne lui présentait celai que l'on tient, il est évident qu'il faut recourir au moins à deux moyens pour expliquer cette question, si l'on veut la résoudre par le principe reçu de la communication des mouvements.
L'aimant c s'approche de l'aimant G; donc l'air, ou la matière fluide et invisible qui l'environne, le pousse, puisqu'il n'y a point d'autre corps qui le puisse pous*