‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 381 sur 415 · IV · texte numérisé non relu

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411 RECHERGHS DE LA TÉRI11É.

découvrir ce qu'on cherche, ni pour l'expliquer aux aulres ; car ce n'est pas rendre raison d'un effet que d'en donner pour cause une chose que personne ne conçoit clairement. Il ne faut donc point se mettre en peine s'il y a, ou s'il n'y a pas, quelque autre cause naturelle du mouvement des corps que leur mutuelle rencontre ; il faut plutôt supposer qu'il n'y en a point, et considérer avec attention quel corps peut rencontrer et remuer cet aimant.

On voit d'abord que ce n'est point l'aiou^t qu'on tient en main, puisqu'il ne touche pas celui qui est remué. Mais parce qu'il n'est remué qu'à l'approche de celui qu'on tient en main, et qu'il ne se remue pas de lui-même, on doit conclure que, bien que ce ne soit pas l'aimant qu'on tient qui le remue, ce doit être quelques petits corps qui en sortent et qui sont poussés par lui vers l'autre aimant.

Pour découvrir ces petits corps il ne faut pas ouvrir les yeux et s'approcher de cet aimant, car les sens imposeraient à la raison, et l'on jugerait peut-être qu'ilne sort rien de l'aimant, à cause qu'on n'en voit rien sortir; on ne se souviendrait peut»être pas qu'on ne voit pas les vents, môme les plus impétueux, ni plusieurs autres corps qui produisent des effets extraordinaires. Il faut se tenir- ferme à ce moyen très-clair et très-intelligible, et examiner avec soin tous les effets de l'aimant, afin de découvrir comment il peut sans cesse pousser hors de lui ces petits corps sans qu'il diminue; car les expériences que l'on fera découvriront que ces petits corps, qui sortent par un côté, rentrent incontinent par l'autre, et elles serviront à expliquer toutes les difficultés que Ton peut former contre la oiaoîère de résoudre cette question. Mais il faut bien remarquer qu'on ne devrait pas abandonner ce moyen, quand même on ne pourrait: répondre à quelques dîflicullés

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