IV. .'lO
Mais les carlésiens méritent bien que l'on fasse effort pour les satisfaire. Les autres pourront passer ce qui sera capable de les ennuyer.
Voici donc quelques expériences qui prouvent sensiblement que le repos n'a aucune puissance pour résister au mouvement, et qui par conséquent font connaître que la volonté de Tauteur de la nature, qui fait la puissance et la force que chaque corps a poar continuer dans l'état dans lequel il est, ne regarde que le mouvement et non point le repos, puisque les corp« n'ont aucune force par eux-mêmes.
L'expérience apprend que de fort grands vaisseau, qui nagent dans Teau, peuvent être agités par de trèspetits corps qui viennent heurter contre eux. De là je prétends, malgré toutes les défaites de M. Descartes et des cartésiens, que si ces grands corps étaient dans le vide ils pourraient encore être agités avec plu!^ de facilité. Car la raison pour laquelle il y a quelque légère difficulté à remuer un vaisseau dans l'eau, c'est que l'eau résiste à la force du mouvement que l'on lui imprime, ce qui n'arriverait pas dans le vide. Et ce qui fait manifestement voir que l'eau résiste au mouvement qu'on imprime au vaisseau, c'est que le vaisseau cesse d'être agité quelque temps après qu'il a été mu; car cela n'arriverait pas, si le vaisseau ne perdait son mouvement en le communiquant à l'eau, ou <;i Teau lui cédait sans lui résister, ou enfin si elle lui donnait de son mouvement. Ainsi, puisqu'un vaisseaa agité dans l'eau cesse peu à peu de se mouvoir, c'est une marque indubitable que l'eau résiste à son mouvement au lieu de le faciliter comme le prétend M. Descartes; et par conséquent il serait encore infiniment plus facile d'agiter un grand corps dans le vide que dans Teau, puisqu'il n'y aurait point de résistance de. la part des corps d'alentour. Il est donc