LIVRE SIXIÈME
Tenvironnent est toujours le môme, îl ne se fait rien; et la conservation de ce rapport, je veux dire Taclion de la volonté de Dieu qui conserve ce rapport, n'est point différente de celle qui conserve le corps même.
S'il est vrai, comme je le conçois, que le repos ne soit que la privation du mouvement, le moindre mouvement, je veux dire celui^du plus petit corps agité, renfermera plus de force et de puissance que le repos du plus grand corps. Ainsi le moindre effort ou le plus petit corps que Ton concevra agité dans le vide contre un corps très-grand et très-vaste *, sera capable de le mouvoir quelque peu, puisque ce grand corps étant en repos, il n'aura aucune puissance pour résister à celle de ce petit corps qui viendra frapper contre lui. De sorte que la résistance que les parties des corps durs font pour empêcher leur séparation, vient nécessairement de quelque autre chose que de leur repos.
Mais il faut démontrer par des expériences sensibles ce que nous venons de prouver par des raisonnements abstraits, afin de voir si nos idées s'accordent avec les sensations que nous recevons des objets; car il arrive souvent que de tels raisonnements'nous trompent, ou pour le moins qu'ils ne peuvent convaincre les autres, et ceux-là principalement qui sont préoccupés du contraire. L'autorité de M. Descartes fait un si grand effort sur la raison de quelques personnes, qu'il faut prouver en toutes manières que ce grand homme s'est trompé, afin de pouvoir les désabuser. Ce que je viens de dire entre bien dans l'esprit de ceux qui ne l'ont point rempli de l'opinion contraire, et môme je vois bien qu'ils trouveront à redire que je m'arrête trop à prouver des choses qui leur paraissent incontestables.
> Par un corps dans le vide, j'entends un corps tellement séparé des autres tant durs que liquides, qu'il n'y en ait aucun qui aido ni qui empoche la communication des mouvements.