‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 402 sur 415 · LIVR£ SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVR£ SIXIEME

lluides €t liquides;* et enfin, elles sont cause noii-sieu- Veraent de la force que les parties des corps durs ont pour demeurer les unes auprès des autres, mais aussi de celle que les parties des corps fluides^ ont de s'en séparer, c'est-à-dire que c'est elle qui rend quelques corps durs, et quelques autres fluides; durs, lorsque leurs parties se touchent immédiatement; fluides, lorsque leurs parties ne se louchent point.

Mais, parce qu'il est absolument nécessaire de savoir distinclement la physique de M. Descartes» la iigure de ses éléments et des parties qui composent les corps particuliers, pour rendre raison d'où vient que de certains corps sont roides, et que quelques autres sont pliants, je ne m'arrêterai point à l'expliquer. Ceux qui ont lu les ouvrages de ce philosophe imagineront asse^ facilement ce qui peut en être la cause, ce que je ne pourrais expliquer que très-difficilement; et ceux qui ne savent pas le même auteur, n'entendraient que con^ fusément les raisons que je pourrais en apporter.

Je ne m'arrêterai point aussi à résoudre un trèsgrand nombre de difficultés que je prévois pouvoir être faites contre ce que je viens d'établir, parce que, si ceux qui les font n'ont point de connaissance de la véritable physique, je ne ferai que les ennuyer et les fâcher au lieu de les satisfaire ; mais si ce sont des personnes éclairées, leurs objections étant très-fortes, je ne pourrais y répondre qu'avec un grand nombre de figures etde longs discours. De sorte que je crois devoir prier ceux qui trouveront quelque difficulté dans les choses que je viens de dire, de relire avec plus de soin ce chapitre; car j'espère que s'ils le lisent et s'ils le méditent comme il faut, toutes leurs objections s'évanouiront; mais enfin, s'ils trouvent que ma prière soit incommode, qu'ils se reposent, car il n'y a pas grand danger d'ignorer la cause de la durelé des corps.

Page 1