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«8 lŒCHERCUE DE LA VÉRITÉ.
nent ni qu'elles soit au dedans d'elle mOme, ni aussi dans son propre. corps, mais seulemeut dans les objets. €'est pour celte raison que nous ôlons la lumière et les couleurs à notre âme et à nos propres yeux pour en parer les objets de dehors, quoic^tie la raison nous apprenne qu'elles ne se trouvent point dans l'idée que nous avons de la matière, et que l'expérience nous fasse voir que nous les devrions juger dans nos yeux aussi bien que sur les objets, pui>que nous les y voyons aussi bien que dans les objets, comme j'aî prouvé par l'expérience d'un œil de bœuf mis au trou d'une fenêtre. Or, la raison pour laquelle tous les hommes ne voient point d'abord que les couleurs, les odeurs, les saveurs, et toutes les autres sensations, sont des modifications de leur âme, c'est que nous n'avons point d*idée claire ûc notre âme; car lorsque nous connaissons une chose par l'idée qui la représente, nous connaissons clairement les modifications qu'elle peut avoir. Tous les hommes •conviennent que la rondeur, par exemple, est une modification de l'étendue, parce tous les hommes connaissent l'étendue par une idée claire qui la représente ^ . Ainsi ne connaissant point notre âme par son idée, comme je l'expliquerai ailleurs, mais seulement par le sentiment intérieur que nous en avons, nous ne savons point par simple vue^ mais seulement par raisonnement, si la blancheur, la lumière, les couleurs, et les autres sensations faibles et languissantes sont ou ne sont pas des modifications de notre âme. Mais ppur les sensations vives, comme la douleur et le plaisir, nous jugeons facilement qu'elles sont en nous, à cause que