PRÉFACE. XI
est notre seul maître ^, et qui seul peut nous instruire de toute vérité, par la manifestation de sa substance, comme parle saint Augustin '.
11 est visible par toutes ces choses qu'il faut résister
sans cesse à l'effort que le corps fait contre Tesprit,
et qu'il faut peu à peu s'accoutumer à ne pas croire
les rapports que nos sens nous font de tons les corps
qui nous environnent, qu'ils nous représentent toujours
comme dignes de notre application et de notre estime ,
parce qu'il n'y a rien de sensible à quoi nous devions
nous arrêter, ni de quoi nous devions nous occuper.
C'est une des vérités que la sagesse éternelle semble
avoir voulu nous apprendre par son incarnai ion; car,
après avoir élevé uoe chair sensible à la plus haute
dignité qui se puisse concevoir, il nous a fait connaître
par Tavifissement où il a réduit cette môme chair,
c'est-à-dire par Tavilissement de ce qu'il y a de plus
grand entre les choses sensibles^ le mépris que nous
devons faire de tous les objets de nos sens ^, C'est
peut-être pour la môme raison que saint Paul disait
qu'il ne connaissait plus Jésus- Christ selon la chair * :
car ce n'est pas à la chair de Jésus-Christ qu'il faut
s'arrêter, c'est à Tesprit caché sous la chair : Caro vas
fuit quodhabebat : attende; non quod erat, dit saint Au-
* Au g.. De Magistro.
> Deus intelligibilis lax, in quo, et a quo, et per quem intelligibiUter lacent qaœ intelltgibiliter lucent ooinia. 1 Soi.
Insinuavit nobis (Christus) animam humanam et luentem rationalem non vegetari, non illuminari, non beatitlcari, nisi ipsa sob- STANTiADei. Aug., in Joan. Tr. 23.
' lUa auctoritas divina dicenda est, qu» non solum in senaibilibus