‹ Œuvres de Malebranche (volume 3)Chapitre 171 sur 174 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Appticatiuu des autres règles à des questions particulières.

a des questions de deux sortes , de simples et de composées. Qlution des premières ne dépend que de la seule attention de t aux idées claires des termes qui les expriment. Les autres peuvent résoudre que par comparaison à une troisième ou à jrs autres idées; on ne peut découvrir les rapports inconnus »nt exprimés par les termes de la question , en comparant liatement les idées de ces termes, car elles ne peuvent se 3 ou se comparer. Il faut donc une ou plusieurs idées mes afin de faire les comparaisons nécessaires ])our dccou\ rir L. /)8

566 LIVBE SIXIÈME.

CCS rapports, et observer exactement que ces idées moyennes soient claires et distinctes , à proportion que l'on tâche de découvrir des rapports plus exacts et en plus grapcl nombre.

Cette règle n'est qu'une suite de la première, et elle est d'une égale importance. Car s'il est nécessaire, pour connaître exactement les rapports des choses que l'on compare, d'en avoir des idées claires et distinctes; il est nécessaire, par la même raison, de bien connaître les idées moyennes par lesquelles on prétend faire ces comparaisons , puisqu'il faut connaître distinctement le rapport de la mesure avec chacune des choses que l'on mesure pour en découvrir les rapports. Voici des exemples.

Lorsqu'on laisse nager librement un petit vase fort léger, dans lequel il y a une pierre d'aimant; si Ton vient à présenter au pôle septentional de cet aimant le même pôle d'un autre aimant que l'on tient entre ses mains, au^itôt ou voit que le premier aimant se retire comme s'il était poussé p£)r quelque vent violent. £t l'on désire savoir la cause ^e cet effet.

Il est as3ez visible que, pour rendre raison du mouvement de cet aimant, il ne suffit pas de connaître les rapports qu'il a avec l'autre ; car, quand même on les connaîtrait parfaitement tous, on ne pourrait pas comprendre comment ces deux corps se pourraient ppusser sans se rencontrer.

Il faut donc examiner quelles sont les choses que l'on connait distinctement être capables, selqn l'ordre de la pâture, de remuer

Quelque corps ; car il est question de découvrir la cause naturelle u mouvement de l'aimant, qui est certainen^ent un corps. Ainsi, il ne faut point recourir à quelque quahté, à quelque forme ou à quelque entité que l'on ne connaît point clairement être capable de remuer les corps, ni même à quelque intelligence, cçir on ne sait point avec certitude que les intelligences soient les causes ordinaires des mouvements nçiturels des cofps, ni même si elles peuvent produire du mouvement.

On sait évidemment que c'est une loi de la nature que les corps se remuent les uns les autres lorsqu'ils se rencontrent ; il faut donc tâcher d'expliquer le mouvement de l'aimant par le moyen de quelque corps qui le rencontre. Il est vrai qu'il se peut faire qu'il y ait quelque autre chose qu'un corps qui le remue ; mais, si l'on n'a point d'idée distincte de cette chose, il ne faut point s'en servir comme d'un moyen recevable pour découvrir ce qu'on cherche , ni pour l'expliquer aux autres ; car ce n'est pas rendre raison d'un effet que d'en donner pour cause une chose que personne ne conçoit clairement. Il ne faut donc point se mettre cii peine s'il y a, ou s'il n'y «).

DE LA MÉTHODE. — If PARTIE. 567

uelque autre cause naturelle du mouvement des corps que leur lie rencontre ; il faut plutôt supposer qu'il n'y en a point, et érer avec attention quel corps peut rencontrer et remuer nant.

voit d'abord que ce n'est point l'aimant qu'on tient en main, l'il ne touche pas celui qui est remué Mais parce qu'il n'est reu'ù l'approche de celui qu'on tient en main, et qu'il ne se remue j lui-même, on doit conclure que, bien que ce ne soit pas l'aiqu'on tient qui le remue , ce doit être quelques petits corps qui tent et qui sont poussés par lui vers l'autre aimant, r découvrir ces petits corps il ne faut pas ouvrir les yeux et ocher de cet aimant, car les sens imposeraient à la raison, 1 jugerait peut-être qu'il ne sort rien de l'aimant, à cause n'en voit rien sortir; on ne se souviendrait peut-être pas ne voit pas les vents, même les pKis impétueux, ni plusieurs i corps qui produisent des effets extraordinaires. Il faut se ferme à ce moyen très-clair et très-mtelligible, et examiner •ioin tous les effets de l'aimant, afin de découvrir comment il sans cesse pousser hors de lui ces petits corps sans qu'il diî ; car les expériences que l'on fera découvriront que ces pe- •rps, qui sortent par un côté, rentrent incontinent par l'autre, es serviront à expliquer toutes les difficultés que l'on peut r contre la manière de résoudre cette question. Mais il faut emarquer qu'on ne devrait pas abandonner ce moyen, quand ) on ne pourrait répondre à quelques difficultés appuyées sur rance où l'on est de beaucoup de choses, l'on ne souhaite pas d'examiner d'oii vient que les aimants poussent lorsqu'on leur oppose les mêmes pôles, mais plutôt vient qu'ils s'approchent et qu'ils se joignent l'un à l'autre l'on présente le pôle septentrional de l'un au pôle méridional lutre, la question sera plus difficile et un seul moyen ne suf- )as pour la résoudre. Ce n'est point assez de connnaître exac- [it les rapports qui sont entre les pôles de ces deux aimants, ni courir au moyen que l'on a pris pour la question précédente, ;e moyen semble au contraire empêcher l'effet dont on cherlit la cause. Il ne faut point aussi recourir à aucune des choses lous ne connaissons point clairement être les causes naturelles et aires des mouvements corporels, ni nous délivrer de la difficullé question par l'idée vague et indéterminée d'une qualité occulte les aimants, par laquelle ils s'attirent l'un l'autre ; car l'esprit ;ut concevoir clairement qu'un corps en puisse attirer un autre, impénétrabilité des corps fait clairement concevoir que le mou-

vementse peut communiquer par impulsion, et l'expérience prouve, sans aucune obscurité, qu'effectivement il se communique par cette voie. Mais il n'y a aucune raison ni aucune expérience qui démontre clairement le mouvement d'attraction ; car dans les expériences qui semblent les plus propres à prouver celte espèce de mouvement, on reconnaît visiblement, lorsqu'on en découvre la cause véritable et certaine , que ce qui paraissait se faire par attraction ne se fait que par impulsion. Ainsi, il ne faut point s'arrêter à d'autre communication de mouvement qu'à celle qui se fait par impulsion, puisque celte manière est certaine et incontestable , et qu'il y a du moins quelque obscurité dans les autres qu'on pourrait imaginer. Mais, quand on pourrait même démontrer qu'il y a dans les choses purement corporelles d'autres principes de mouvement que la rencontre des corps, on ne pourrait raisonnablement rejeter celui-ci : l'on doit même s'y arrêter préférablement à tout autre, puisqu'il est le plus clair et le plus évident, et qu'il parait si incontestable, qu'on ne craint point d'assurer qu'il a été reçu de tous les peuples et dans tous les temps.

L'expérience fait connaître qu'un aimant qui nage librement sur l'eau s'approche de celui qu'on tient en sa main lorsqu'on lui présente un certain côté ; il faut donc conclure qu'il est poussé vers lui. Mais, comme ce n'est pas l'aimant que l'on tient qui pousse celui qui nage, puisque celui qui nage s'approche de celui que Ton tient, et que cependant celui qui nage ne se remuerait point si l'on ne lui présentait celui que l'on tient, il est évident qu'il faut recourir au moins à deux moyens pour expliquer cette question, si l'on veut la résoudre par le principe reçu de la communication des mouvements.

L'aimant c s'approche de l'aimant C ; donc l'air, ou la matière fluide et invisible qui l'environne, le pousse, puisqu'il n'y a point d'autre corps qui le puisse pousser, et c'est là le premier moyen.

ni c ne s'approche qu'à la présence de Taimant C ; donc il 3ssaire que l'aimant C détermine Tair à pousser l'aimant c. là le second moyen. Il est évident que ces d«ix moyens sont nent nécessaires. De sorte que la difficulté est présentement à joindre ensemble ces deux moyens, ce que l'on peut faire i manières ; ou en commençant par quelque chose de connu lir qui environne l'aimant c, ou en commençant par quelque e connu dans l'aimant C.

•n connaît que les parties de l'air et de tous les corps fluides continuelle agitation , l'on ne pourra douter qu'elles ne heuris cesse contre l'aimant c qu'elles environnent; et, parce le heurtent également de tous côtés , elles ne le poussent 5 d'un côté que de l'autre, tant qu'il y a autant d'air d'un 3 de l'autre. Les choses étant ainsi, il est facile de juger que ' C empêche qu'il n'y ait autant de cet air dont nous parlons que vers 6. Mais cela ne se peut faire qu'en répandant s autres corps dans l'espace qui est entre G et c : il doit rtir des petits corps des aimants pour occuper cet espace, aussi ce que l'expérience fait voir, lorsqu'on répand de la de fer * autour d'uu aimant ; car cette limaille rend visible de ces petits corps invisibles. Ainsi ces petits corps, chasir qui est vers a, l'aimant c en est moins poussé par ce côté l'autre ; et par conséquent il doit s'approcher de l'aimant C , tout corps doit se mouvoir du côté d'où il est moins poussé, si l'aimant c n'avait, vers le pôle a, plusieurs pores propres Dir les petits corps qui sortent du pôle B de l'autre aimant, petits pour recevoir ceux de l'air, tant grossier que subtil , ident que ces petits corps , étant plus agités que cet air, Is le doivent chasser d'entre les aimants, ils pousseraient c et l'éloigneraient de C. Ainsi, puisque l'aimant c s'ap- )u s'éloigne de C, lorsqu'on lui présente différents pôles, il •isaire de conclure que les petits corps, qui sortent de l'ai- , passent librement et sans repousser l'aimant c par le et lo repoussent par le côté 6. Ce que je dis d'im de ces se doit aussi entendre de l'autre, visible que l'on apprend toujours quelque chose par cette de raisonner sur des idées claires et des principes incon- >. Car l'on a découvert que l'air qui environne l'aimant c ssé d'entre les aimants par des corps qui sortent sans cesse pôles, et qui trouvent leur passage libre par un côté et fermé re. Et, si l'on voulait découvrir quelle esté peu près la gran-

z les Prtnripfs de la PhUnnnnhit* dr Df^rfirlca, quatrii^mc jmrti»'.

■ Ah. '

deur et la figure des pores de l'aimant par lesquels ces petits corps traversent, il faudrait encore faire d'autres expériences ; mais cela nous conduirait où nous ne voulons pas aller, et où nous pourrions bien nous égarer. On peut consulter sur ces questions les principes de la philosophie de M. Descartes, non pour suivre aveuglément les sentiments de ce savant philosophe , mais pour s'accoutumer à sa méthode de philosopher. Je dis seulement, pour répondre à une objection qui frappe d'abord, d'où vient que ces petits corps ne peuvent rentrer par les pores d'où ils sont sortis; qu'outre une grandeur ou une figure déterminée capable de produire cet efifet, l'inflexion des petites branches qui composent ces pores peut obéir en un sens aux petits corps qui les traversent, et se hérisser et leur fermer le passage en un autre sens. Le courant continuel de la matière subtile d'un pôle à l'autre, dans les pores de l'aimant, suffît même pour empêcher qu'elle ne rentre par les pores dont elle est sortie ; car upe partie de cette matière ne peut pas vaincre ce courant pour se faire passage dans les pores dont elle est sortie, ni dans ceux du pôle de même nom, qui ont un courant contraire. De sorte qu'il ne faut point être trop surpris de là différence des pôles de l'aimant ; car cette différence peut être expliquée en bien des manières, et il n'y a de la difficulté qu'à reconnaître la véritable.

Si l'on avait tâché de résoudre la question que l'on vient d'examiner, en commençant par les petits 6orps qu'on suppose sortir de l'aimant C, on aurait trouvé la même chose, et Ton aurait aussi découvert que l'air est composé d'une infinité de parties qui sont dans une agitation continuelle ; car sans cela il serait impossible que l'aimant c pût s'approcher de l'aimant C. Je ne m'arrête pas à expliquer ceci , parce que ce|a n'est pas difficile.

Voici une question plus composée que les précédentes et dans laquelle il faut faire usage de plusieurs règles. On demande quelle peut être la cause naturelle et mécanique du mouvement de nos loembres.

L'idée de cause naturelle est claire et distincte, si on Tentend comme je l'ai expliqué dans la question précédente ; mais le terme de mouvement de nos membres est équivoque et confus, car il y a plusieurs sortes de ces mouvements : il y en a de volontaires, de naturels et de convi|lsifs. Il y a aussi différents membres dans le corps de l'homme. Ainsi, selon la première règle, je dois demander duquel de ces mouvements on souhaite de savoir la cause. Mais si on laisse la question indéterminée, afin que j'en use à mon choix, j'examine la question de cetle sorte.

Je considère avec attention les propriétés de ces mouvements;

! que je découvre d'abord que les mouvements volontaires l'ordinaire plus promptement que les convulsifs , j'en coni leur cause en peut être différente. Ainsi je puis et je dois séqueut examiner la question par parties ; car elle parait longue discussion.

e restreins à ne considérer d'abord que le mouvement vo- ! ; et parce que nous avons plusieurs parties qui servent à uvements, je ne m'attache qu'au bras. Je considère donc bras est composé de plusieurs muscles qui ont presque tous î action lorsqu'on lève de terre ou qu'on remue diversement ) corps; mais je ne m'arrête qu'à un seul, voulant bien îr que les autres sont à peu près formés d'une même mafe m'mstruis de sa composition par quelque livre d'anato-

plutôt par la vue sensible de ses fibres et de ses tendons me fais disséquer par quelque habile anatomiste à qui je ites les demandes qui pourront dans la suite me faire nai- 13 l'esprit quelque moyen de trouver ce que je cherche, idérant donc toutes choses avec attention, je ne puis douter principe du mouvement de mon bras ne dépende de l'acsèment des muscles qui le composent. £t si je veux bien, e pas m'embarrasser de trop de choses, supposer, selon l'ocommune, que cet accourcissement se fait par le moyen des animaux qui remplissent le ventre de ces muscles et qui en hent ainsi les extrémités , toute la question qui regarde le ment volontaire sera réduite à savoir comment le peu d'esnimaux qui sont contenus dans un bras peuvent eil enfler nent les muscles selon les ordres de la volonté avec une uffisante pour lever un fardeau de cent pesant et davantage, nd on médite ceci avec quelque application , le premier

qui se présente à l'imagination est d'ordinaire celui de le effervescence prompte et violente semblable à celle de la ) à canon ou de certaines liqueurs remplies de sels alcalis, on les mêle avec celles qui sont roides ou pleines de sel Quelque peu de poudre à canon est capable, lorsqu'elle s'al^ d'enlever non-seulement un fardeau de cent livres, mai^ ur et même une montagne. Les tremblements de terre qui 'sent des villes et qui secouent des provinces entières se font par des esprits qui s'allument sous terre à peu près comme dre à canon. Ainsi, en supposant dans le bras une^cause de nentalion et de la dilatation des esprits, on pourra dire qu'elle principe de cette force qu'ont les hommes pour faire des •ments si prompts et si violents.

Cependant connme oni^doit se défier de ces moyens qui n'entrent dans l'esprit que par les sens et dont on n'a point de connaissance claire et évidente, on ne doit pas si facilement se servir de celui-ci, car enfm il ne suffit pas de rendre raison de la force et de la promptitude de nos mouvements par une comparaison. Cette raison est confuse, mais de plus elle est imparfaite; car on doit expliquer ici un mouvement volontaire, et la fermentation n'est pas volontaire. Le sang se fermente avec excès dans les fièvres, et l'on ne peut l'en empêcher. Les esprits s'enflamment et s'agitent dans le cerveau, et leur agitation ne diminue pas selon nos désirs. Quand un homme remue le bras en diverses façons, il faudrait, selon cette explication, qu'il se fît un million de fermentations grandes et petites, promptes et lentes, qui commençassent, et, ce qui est encore plus difficile à expliquer selon cette supposition, qui finissent dans le moment qu'il le veut. Il faudrait que ces fermentations ne dissipassent point toute leur matière et que cette matière fût toujours prête à prendre feu. Lorsqu'un homme a fait dix lieues^ combien de mille fois faut-il que les muscles qui servent à marcher sp soient emplis et vidés? et combien faudrait-il d'esprits si la fermentation les dissipait et les amortissait à chaque pas? Cette raison est donc imparfaite pour expliquer les mouvements de notre corps qui dépendent entièrement de notre volonté.

Il est évident que la question présente consiste dans ce problème des mécaniques : Trouver par des machines pneumatiques le moyen de vaincre telle force, comme de cent pesant, par une autre force si petite que Von voudra, comme celle du poids d*une once, et que Vapplication dé cette petite force pour produire son effet dépende de la volonté. Or, ce problème est facile à résoudre et la démonstration en est claire.

On peut le résoudre par un vase qui ait deux ouvertures dont l'une soit un peu plus de 1600 fois plus grande que l'autre, et dans lesquelles on insère les canons de deux soufflets égaux, et que l'on applique une force i 600 fois seulement plus grande que l'autre au soufflet de la plus grande ouverture , car alors la force i 600 fois plus petite vaincra la plus grande. Et la démonstration en est claire par les mécaniques, puisque les forces ne sont point justement en proportion avec les ouvertures, et que le rapport de la petite force à la petite ouverture est plus grand que le rapport de la grande force à la grande ouverture.

Mais pour résoudre ce problème par une machine qui représente mieux l'effet des muscles que celle qu'on vient de donner , il faut souffler quelque peu dftns un ballon et appuyer ensuite, sur ro

à demi enflé de vent, une pierre de 5 ou 6 cents pesant, ou,

mis sur une table, le couvrir d'un ais, et cet ais d'une fort pierre, ou faire asseoir un homme des plus pesants sur cet

lui donnant même la liberté de se retenir à quelque chose

résister à l'enflure du ballon ; car si quelqu'un souffle de u. seulement avec la bouche dans ce ballon, il soulèvera la qui le comprime ou Thomme qui est assis dessus , pourvu canal par lequel le vent entre dans le ballon ait une sou- [ui l'empêche de sortir lorsqu'il faut reprendre haleine. La

de ceci est que l'ouverture du ballon est si petite ou doit pposée si petite par rapport à toute la capacité du même qui résiste par le poids de la pierre qu'une très-petite force table d'en vaincre une très-grande par cette manière. )n considère aussi que le souffle seul est capable de pousser lie de plomb avec violence par le moyen des sarbacanes, à que la force du souffle ne se dissipe point et se renouvelle ssse , on reconnaîtra visiblement que la proportion nécesîntre l'ouverture et la capacité du ballon étant supposée, le

seul peut vaincre facilement de très- grandes forces, lonc Ton conçoit que les muscles entiers ou chacune des qui les composent ont comme ce ballon une capacité propre /oir les esprits animaux ; que les pores par où les esprits s'y înt sont peut-être encore plus petits à proportion que le co! vessie ou le trou d'un ballon ; que les esprits sont retenus et ?3 dans les nerfs à peu près comme le souffle dans les sarba-

et que les esprits sont plus agités que l'air des poumons et 'S avec plus de force dans les muscles qu'il ne l'est dans les 3 ; on reconnaîtra que le mouvement des esprits qui se rént dans les muscles peut vaincre la force des plus pesants ux que l'on porte; et que si on ne peut en porter de plus Ls , le défaut de force ne vient point tant du côté des esprits ? celui des fibres et des peaux qui composent les muscles, îls crèveraient si on faisait trop d'effort. D'ailleurs , si l'on

garde que par les lois de l'union de l'àme et du corps les gments de ces esprits, quant à leur détermination, dépendent volonté des hommes , on verra bien que les mouvements des ioivent être volontaires.

st vrai que nous remuons notre bras avec une telle promp-

qu'il semble d'abord incroyable que l'épanchement des esdans les muscles qui le composent puisse être assez prompt cela. Mais nous devons considérer que ces esprits sont extrê- »nt agités, toujours prêts à entrer d'un muscle dans l'autre, et

qu'il n'en faut pas beaucoup pour les enfler aussi peu qu'il est nécessaire afin de les remuer seuls, ou lorsque nous levons de terre quelque chose de fort léger ; car lorsque nous avons quelque chose de pesant à lever, nous ne le pouvons pas faire avec beaucoup de promptitude. Les fardeaux étant pesants, il faut beaucoup enfler et bander les muscles ; pour les enfler en cette sorte, il faut davantage d'esprits qu'il n'y en a dans les muscles voisins ou antagonistes. Il faut donc quelque peu de temps pour faire venir ces esprits de loin et pour en pousser une quantité capable de résister à la pesanteur. Ainsi ceux qui sont chargés ne peuvent courir, et ceux qui lèvent de terre quelque chose de pesant ne le font pas avec autant de promptitude que ceux qui lèvent une paille.

Si l'on fait encore réflexion que ceux qui ont plus de feu ou un peu de vin dans la tête sont bien plus prompts que les autres ; qu'entre les animaux ceux qui ont les esprits plus agités, comme les oiseaux , se remuent avec plus de promptitude que ceux qui ont le sang froid, comme les grenouilles , et qu'il y en a même quelques-uns, comme le caméléon , la tortue et quelques insectes dont les esprits sont si peu agités que leurs muscles ne se remplissent pas plus promptement qu'un petit ballon dans lequel on soufflerait. Si l'on considère bien toutes ces choses, on pourra peut-être croire que l'explication que nous venons de donner est recevable.

Mais encore que cette partie de la question proposée qui regarde les mouvements volontaires soit suffisamment résolue , on ne doit pas cependant assurer qu'elle le soit entièrement et qu'il n'y ait rien davantage dans notre corps qui contribue à ces mouvements que ce qu'on a dit ; car apparemment il y a dans nos muscles mille ressorts qui facilitent ces mouvements, lesquels seront éternellement inconnus à ceux mêmes qui devinent le mieux sur les ouvrages de Dieu.

La seconde partie de la question qu'il faut examiner regarde les mouvements naturels ou ces sortes de mouvements qui n'ont rien d'extraordinaire , comme ont les mouvements convulsifs , mais qui sont absolument nécessaires à la conservation de la machine, et qui, par conséquent, ne dépendent point entièrement de nos volontés.

Je considère donc d'abord avec toute l'attention dont je suis capable quels sont les mouvements qui ont ces conditions, et s'ils sont entièrement semblables. Mais, parce que je reconnais d'abord qu'ils sont presque tous différents les uns des autres ; pour ne ûae pas embarrasser de trop de choses, je ne m'arrête qu'au mouvement du cœur. Cette partie est la plus connue , et ses mouvements sont les plus sensibles. J'examine donc sa structure , et je remarque deu\

entre plusieurs autres : la première , qu'il est cora|)osé de !omme les autres muscles; la seconde, qu'il a deux cavités »nsidérables. Je juge donc que son mouiement se peut faire moyen des esprits animaux, puisque c'est un muscle; et que ; s'y fermente et s'y dilate, puisqu'il y a des cavités. Le pree ces jugements est appuyé sur ce que je viens de dire, et nd sur ce que le cœur est beaucoup plus chaud que toutes res parties du corps ; que c'est lui qui répand la chaleur avec g dans tous nos membres; que ces deux cavités n'ont pu se ver que par la dilatation du sang, et qu'ainsi elles servent mse qui les a produites. Je puis donc rendre suffisamment

du mouvement du cœur par les esprits qui l'agitent et par g qui le dilate lorsque ce sang se fermente ; car encore que se que j'apporte de son mouvement ne soit peut-être pas la ble^ il me parait certain qu'elle est suffisante pour le produire. st vrai que le principe de la fermentation ou de la dilatation lueurs n'est peut-être pas assez connu à tous ceux qui liront our prétendre avoir expliqué un effet lorsqu'on a fait voir en al que sa. cause est la fermentation ; mais on ne doit pas rée toutes les questions particulières en remontant jusques aux ères causes. Ce n'est pas que l'on n'y puisse remonter et découinsi le véritable système dont tous les effets particuliers démt , pourvu que Ton ne s'arrête qu'aux idées claires ; mais que cette manière de philosopher n'est pas la plus juste ni is courte, ur faire comprendre ce que je veux dire, il faut savoir qu'il y

questions de deux sortes. Dans les premières, il s'agit de dé- •ir la nature et les propriétés de quelque chose ; dans les au-

on souhaite seulement de savoir si une telle chose a ou n'a ne telle propriété : ou, si l'on sait qu'elle a une telle propriété, 3ul seulement découvrir quelle en est la cause, ur résoudre les questions du premier genre il faut considérer hoses dans leur naissance , et les concevoir toujours s'engen-

par les voies les plus simples et les plus naturelles. Pour rére les autres, il faut s'y prendre d'une manière bien différente : it les résoudre par des suppositions , et examiner si ces supions font tomber dans quelque absurdité ou si elles conduisent lelque vérité clairement connue.

n veut, par exemple, découvrir quelles sont les propriétés de miette ou de quelqu'une des sections coniques, il faut considérer lignes dans leur génération , et les former selon les voies les

simples et les moins embarrassées ; car c'est là le meilleur et

le plus court chemin pour en découvrir la nature et les propriétés. On voit sans peine que la sous-tendante de la roulette est égale au cercle qui Ta formée ; et , si Ton n'en découvre pas facilement beaucoup de propriétés par cette voie , c'est que la ligne circulaire qui sert à la former n'est pas assez connue. Mais pour les lignes purement mathématiques , ou dont on peut connaître plus clairement les rapports, telles que sont les sections coniques, il suffît, pour en découvrir un très-grand nombre de propriétés , de considérer ces lignes dans leur génération. Il faut seulement prendre garde que, pouvant s'engendrer par des mouvements réglés en plusieurs manières, toute sorte de génération n'est pas également propre à éclairer l'esprit; que les plus simples sont les meilleures, et qu'il arrive cependant que certaines manières particulières sont plus propres que les autres à démontrer quelques propriétés particulières. .

Mais s'il n'est pas question de découvrir en général les propriétés d'une chose , mais de savoir si une chose a une telle propriété, alors il faut supposer qu'elle l'a effectivement , et examiner avec attention ce qui doit suivre de cette supposition , si^ elle conduit à une absurdité manifeste ou bien à quelque vérité incontestable qui puisse servir de moyen pour découvrir ce qu'on cherche ; et c'est là la manière dont les géomètres se servent pour résoudre leurs problèmes. Ils supposent c^ qu'ils cherchent et ils examinent ce qui en doit arriver ; ils considèrent attentivement les rapports qui résultent de leur supposition ; ils représentent tous ces rapports , qui renferment les conditions du problème, par des équations, et ils réduisent ensuite ces équations selon les règles qu'ils en ont , en sorte que ce qu'il y a d'inconnu se trouve égal à une ou plusieurs choses entièrement connues.

S'il est donc question de découvrir en général la nature du feu et des ditlérentes fermentations qui sont les causes les plus universelles des effets naturels, je dis que la voie la plus courte et la plu;j sûre est do l'examiner dans son principe. Il faut considérer la formation des corps les plus agités et dont le mouvement se répand dans ceux qui se fermentent ; il faut , par des idées claires et par les voies les plus simples, examiner ce que le mouvement est capable de produire dans la matière ; et, parce que le feu et les différentes fermentations sont des choses fort générales , et qui dépendent par conséquent de peu de causes , il ne sera pas nécessaire déconsidérer long-temps ce dont la matière est capable, lorsqu'ello est animée par le mouvement, pour reconnaître la nature de la fermentation dans son principe ; et l'on apprendra en même temps

irs autres choses absolument nécessaires à la connaissance )bysique. Au lieu que , si Ton voulait raisonner dans cette m par suppositions , afin de remonter ainsi jusques aux precauses et jusques aux lois de la nature selon lesquelles choses se forment, on ferait beaucoup de fausses supposiui ne serviraient à rien.

)ourrait bien reconnaître que la cause de la fermentation est vement d'une matière invisible qui se commuiAque aux parcelle qui s'agite ; car on sait assez que le feu et les difféfermentations des corps consistent dans leur agitation , et »ar les lois de la nature, les corps ne re^'oivent immédiate- ?ur mouvement que par la rencontre de quelques autres plus Ainsi on pourrait découvrir qu'il y a une matière invisible agitation se communique par la fermentation aux corps visilais il serait moralement impossible , par la voie des suppo- , de découvrir comment cela se fait; et il n'est pas de beau- 1 difficile de le découvrir lorsqu on examine la formation des its ou des corps , dont il y a un plus grand nombre de même , comme on le peut voir en partie par le système de M. Des-

troisième partie de la question, qui est des mouvements »fs, ne sera pas extrêmement difficile à résoudre, pourvu n suppose qu'il y a dans le corps des esprits animaux capa- 3 quelque fermentation et des humeurs assez pénétrantes insinuer dans les pores des nerfs par où les esprits se réit dans les muscles, pourvu aussi que Ton ne prétende point iner quelle est la véritable disposition des parties invisibles itribuent à ces mouvements convulsifs.

que l'on a séparé un muscle du reste du corps , et qu'on t par les extrémités, on voit sensiblement qu'il fait effort 3 raccourcir lorsqu'on le pique par le ventre. Il y a de l'ape que ceci dépend de la construction des parties imperceptibles composent, lesquelles, comme autant de ressorts, sontdéter- > à de certains mouvements par celui de la piqûre. Mais qui it s'assurer d'avoir trouvé la véritable disposition des parties vent à produire ce mouvement, et qui pourrait en donner monstration incontestable? Certainement cela parait imposquoique peut-être, à force d'y penser, l'on puisse imaginer nstruction de muscles propres à faire tous les mouvements )us les voyons capables. 11 ne faut donc point penser à déterquclle est la véritable construction des muscles. Mais, parce ne peut raisonnablement douter qu'il n'y ait des esprit sus- 11. ' ft«

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ceptibles de quelque fermentation par le mélange de quelque matière subtile , et que les humeurs acres et piquantes ne puissent sMnsinuer dans les nerfs, on peut le supposer.

Pour résoudre la question proposée , il faut donc examiner d'abord combien il y a de sortes de mouvements convulsifs; et, parce que le nombre en paraît indéfini, il faut s'arrêter aux principaux , dont les causes semblent être différentes. II faut considérer les parties dsms lesquelles ils se font, les maladies qui les précèdent et qui les suivent; s'ils se font avec douleur ou sans douleur; et, sur toutes choses , quelle est leur promptitude et leur violence; car il y en a qui se font avec promptitude et violence , d'autres avec promptitude sans violence , et d'autres avec violence sans promptitude , et d'autres enfin sans violence et sans promptitude ; il y en a qui finissent et qui recommencent sans cesse ; il y en a qui tiennent les parties roides et sans mouvement pour quelque temps , et il y en à qui en ôtent entièrement l'usage et qui les défigurent.

Toutes ces choses considérées , il n'est pas difficile d'expliquer en général comment ces mouvements convulsifs se peuvent faire après ce qu'on vient de dire des mouvements naturels et des mouvements volontaires ; car si l'on conçoit qu'il se mêle avec les esprits qui sont contenus dans un muscle quelque matière capable de les fermenter, ce muscle s'enflera et produira dans celte partie un mouvement convulsif.

Si l'on peut facilement résister à ce mouvement , ce sera une marque que les nerfs ne seront point bouchés par quelque humeur^ puisque l'on peut vider le muscle des esprits qui y sont entrés et les déterminer à enfler le muscle antagoniste ; mais si l'on ne te peut, il faudra conclure que les humeurs piquantes et pénétrantes ont au moins quelque part à ce mouvement. Il peut môme quelquefois arriver que ces humeurs soient la seule cause de ces mouvements convulsifs ; car elles peuvent déterminer le cours des esprits vei** certains muscles , en ouvrant les passages qui les y portent et eu fermant les autres , outre qu'elles peuvent en raccourcir les tendons et les fibres en pénétrant leurs pores.

Lorsqu'un poids fort pesant pend au bout d'une corde, on l'élève notablement si l'on mouille seulement cette corde , parce que les, parties de l'eau , s'insinuanl comme autant de petits coins entre les filets dont la corde est composée, elles raccourcissent en l'élar^ gissant. De même les humeurs pénétrantes et piquantes, s'insinuant dans les pores des nerfs, les raccourcissent, tirent les parties qui y sont attachées , et produisent dans le corps des mouvements convulsifs qui sont extrêmement lents , violents et douloureux , et

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îont souvent la partie dans une contorsion extraordinaire pent un temps considérable.

oùr les mouvements convulsîfs qui se font avec promptitude , ont causés par. les esprits ; mais il n'est pas nécessaire que ces its reçoivent quelque fermentation , il suffît pour cela que les luits par où ils passent soient plus ouverts par un côté que par ïutre. ^

uand toutes les parties du corps sont dans leur situation natu<>- , les esprits animaux s'y répandent également et promptement rapport au besoin de la machine , et ils exécutent fidèlement les es de la volonté ; mais lorsque les humeurs troublent la dispo* 1 du cerveau , et qu'elles changent ou remuent diversement les rtures des nerfs, ou que, pénétrant dans les muscles, elles en int les ressorts, les esprits se répandent dans les parties d'une ère toute nouvelle, et produisent des mouvements extraordî- « sans que la volonté y ait part.

pendant on peut quelquefois , par une forte résistance, empêrquelques-uns de ces mouvements , et diminuer même peu à es traces qui servent à les produire, quoique l'habitude soit

formée. Ceux qui prennent garde à eux s^empôchent assez ment de faire des grimaces ou de prendre un air ou une posindécente , quoique le corps y soit disposé ; ils surmontent 3 ces choses, quoiqu'elles soient fortifiées par Thabitude , mais beaucoup plus de peine , car il faut toujours les combattre leur naissance et avant que le cours des esprits se soit fait lemin trop difficile à fermer.

cause de ces mouvements est quelquefois dans le muscle qui ^ité , c'est quelque humeur qui le pique ou quelques esprits y fermentent ; mais on doit juger qu'elle est dans le cerveau , 'paiement lorsque les convu sions n'agitent pas seulement une 'ux partie» du corps en particulier, mais presque toutes, et B dans plusieurs maladies qui changent la constitution nalulu sang et des esprits, st vrai qu'un seul nerf ayant quelquefois différentes branches

répandent dans des parties du corps assez éloignées , comme

visage et dans les entrailles , il arrive assez souvent que la Ision, ayant sa cause dans une partie dans laquelle quelqu'une i branches s'insinue , peut se communiquer à celles où les

branches répondent sans que le cerveau en soit la cause et (S esprits soient corrompus.

3 , lorsque les mouvements convulsifa sont communs à presque

les parties du corps, il est nécessaire de dire ou que les

esprits se fermentent d'une manière extraordinaire , ou que Tordre et l'arrangement des parties du cen^eàu est troublé , ou que toutes ces deux choses arrivent. Je ne m'arrête pas davantage à cette question , car elle devient si composée et dépend de tant de choses , lorsqu'on descend dans le particulier, qu'elle ne peut pas facilement servir à expliquer clairement les règles que l'on a données.

Il n'y a point de science qui fournisse davantage d'exemples propres pour faire voir l'utilité de ces règles que la géométrie , et principalement l'algèbre; car ces deux sciences en font un usage continuel. La géométrie fait clairement connaître la nécessité qu'il y a de commencer toujours par les choses les plus simples et qui renferment le moins de rapports. Elle examine toujours ces rapports par des mesures claîrement connues ; elle retranche tout ce qui est inutile pour les découvrir ; elle divise en parties les questions composées ; elle range ces parties et les examine par ordre ; enfin , le seul défaut qui se rencontre dans cette science c'est, comme j'ai déjà dit ailleurs, qu'elle n'a point de moyen fort propre pour abréger les idées et les rapports qu'on a découverts. Ainsi , quoiqu'elle règle l'imagination et qu'elle rende l'esprit juste , elle n'en augmente pas de beaucoup l'étendue et elle ne le rend point capable de découvrir des vérités fort composées.

Mais l'algèbre apprenant à abréger continuellement, et de la manière du monde la plus courte , les idées et leurs rapports , elle augmente extrêmement la capacité de l'esprit ; car on ne peut rien concevoir de si composé dans les rapports des grandeurs que l'esprit ne puisse, avec le temps, le découvrir par les moyens qu'elle fournit lorsqu'on sait la voie dont il s'y faut prendre.

La cinquième règle et les autres, où il est parlé de la manière d'abréger les, idées , ne regardent que cette science , car l'on n'a point dans les autres sciences de manière commode de les abréger. Ainsi je ne m'arrêterai pas à les expliquer. Ceux qui ont beaucoup d'inclination pour les mathématiques et qui veulent donner à leur esprit toute la force et toute l'étendue dont il est capable, et se mettre ainsi en état de découvrir par eux-mêmes une infinité de nouvelles vérités, s'étant sérieusement appliqués à l'algèbre, re* connaîtront que si cette science est si utile à la recherche de la vérité , c'est parce qu'elle observe les règles que nous avons prescrites. Mais j'avertis que par l'algèbre j'entends principalement celle dont M. Descartes et quelques autres se sont servis.

Avant que de finir cet-ouvrage , je vais donner un exemple un peu étendu pour faire mieux connaître l'utilité que l'on peut retirer de tout ce livre. Je représente , dans cet exemple , les démarches

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(l*im esprit qui , voulant examiner une question assez importante , fait effort pour se délivrer de ses préjugés. Je le fais môme tomber d'abord dans quelque faute afin que cela réveille le souvenir de ce que f ai dit ailleurs. Mais , son attention le conduisant enfin à la vérité quMl cherche, je le fais parler positivement comme un homme qui prétend avoir résolu la question qu'il a examinée.

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