‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 120 sur 229 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

rélernité pu quelqu'autre pensée solide aux itnouvements extraordinaires qui s'excitent en nous, il n'arrivera plus de mouvements violents et extraordinaires qu'ils ne réveillent en même temps cette idée et qu'ils ne fournissent par conséquent des armes pour leur résister : ces choses sont prouvées par l'expérience et par les raisons que Toa a dites dans le chapitre de la liaison des idées; de sorte qu'on ne doit pas s'imaginer qu'il soit absolument impossible de vaincre par adresse l'effort de ses passions lorsqu'on en a une ferme volonté.

Néanmoins, Une faut pas prétendre qu'on se rende impeccable ni que Ton puisse éviter toute erreur par cette sorte de résistance; car, premièrement, il est difficile d'acquérir et de conserver cette habitude que nos mouvements extraordinaires réveillent en nous certaines idées propres pour les combattre ; secondement, supposez qu'on l'ait acquise, ces mouvements d'esprits exciteront directement les idées qu'il faut combattre, et indirectement celles par lesquelles il les faut combattre ; de sorte que les mauvaises idées étant les principales, elles auront toujours plus de force que celles qui ne sont qu'accessoires, et il sera toujours nécessaire que la volonté résiste ; en troisième lieu, ces mouvements d'esprits peuvent être si violents, qu'ils remplissent toute la capacité de l'âme, de sorte qu'il n'y reste plus de place, s'il est permis de parler ainsi, pour recevoir l'idée accessoire propre pour faire révulsion dans les esprits, ou pour l'y recevoir de telle manière qu'on la puisse considérer avec quelque attention; enfin, il y a tant de circonstances particulières qui peuvent rendre ce remède inutile, que l'on ne doit pas trop s'y fier, quoiqu'il ne faille pas aussi le négliger. On doit sans cesse recourir à la prière pour recevoir du ciel le secours nécessaire dans le temps du combat.

tt4 RECnERGBE DE LA VÉRITÉ.

et tâcher cependant de se rendre présente à Tesprit quelque vérité si solide et si forte que l'on puisse par ce moyen vaincre les passions les plus violentes, car il faut que je dise ici en passant que des personnes de piété retombent souvent dans les mômes fautes, parce qu'elles remplissent leur esprit d'un grand nombre de vérités qui ont plus d'éclat que de force, et qui sont plus propres à dissiper et à partager leur esprit qu'à le fortifier contre les tentations; au lieu que des personnes grossières et peu éclairées sont fidèles dans leur devoir, parce qu'elles se sont rendu familière quelque grande et solide vérité qui les fortifie et qui les soutient en toutes rencontres.

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