LIVRE SIXIEME
éclaire les corps; il ne s'éclipse jamais, et il pénètre tout sans que sa lumière soit partagée.
Les idées de toutes choses nous étant donc continuellement présentes dans le temps même que nous ne les considérons pas avec attention, il ne reste autre chose à faire, pour conserver l'évidence dans toutes nos perceptions, qu'à chercher les moyens de rendre notre esprit plus attentif et plus étendu ; de môme que pour bien distinguer les objets visibles qui nous sont présents il n'est nécessaire de notre part que d'avoir bonne vue et de les considérer fixement.
Mais parce que les objets que nous considérons ont souvent plus de rapports que nous n'en pouvons découvrir tout d'une vue par un simple effort d'esprit, nous avons encore besoin de quelques règles qui nous donnent l'adresse de développer si bien toutes les difficultés, qu'aidés des secours qui nous rendront l'esprit plus attentif et plus étendu, nous puissions découvrir avec une entière évidence tous les rapports des choses que nous examinons.
Nous diviserons donc ce sixième livre en deux parties. Nous traiterons dans la première des secours dont l'esprit se peut servir pour devenir plus attentif et plus étendu, et dans la seconde nous donnerons les règles qu'il doit suivre dans la recherche des vérités pour former des jugements solides et sans crainte de se tromper.