LIVRE SIXIBM&. H
Quand on inédite ceci avec quelque application, le premier moyen qui se présente à Timagination esft d'or, dinaire celui de quelque elTervescence prompte et vio . iente semblable à celle de la poudre à canon ou de certaines liqueurs remplies dé sels alcalis, lorsqu'on les mêle avec celles qui sont roides ou plernes de sel acide. Quelque peu de poudre à canon est capable, lorsqu'elle s'allume, d'enlever non-seulement un fardeau de cent livres, mais une tour et même une montagne. Les tremblements de terre qui renversent des villes et qui secouent des provinces entières se font aussi par des esprits qui s'allument sous terre à peu * près comme la poudre à canon. Ainsi, en supposant dans le bras une cause de la fermentation et de la dila* tation des esprits, on pourra dire qu'elle est le principe de cette force qu'ont les hommes pour faire des mouvements si prompts et si violents.
Cependant comme on doit se défier de ces moycns'qui n'entrent dans l'esprit que par les sens et dont on n'a point de connaissance claire et évidente, on ne doit pas si facilement se servir de celui-ci, car enfin il ne suffit pas^de rendre raison de la force et de la promptitude de nos mouvements par une comparaison. Gelite raison est confuse, mais de plus elle est imparfaite; car on doit expliquer ici un mouvement volontaire, et la fermentation n'est pas volontaire. Le sang se fermente avec excèsdans les fièvres, et l'on ne peut l'en empêcher. Les esprits s'enflamment et s'agitent dans le cerveau, et leur agitation ne diminue pas selon nos désirs. Quand un homme remue le bras en diverses façons, il faudrait, selon cette explication, qu'il se fît un million de fermentations grandes et petites, promptes et lentes, qui commençassent, et, ce qui est encore plus difficile à expliquer selon cette supposition, qui finissent dans le moment qu'il le veut. Il faudrait que ces fermenta-
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lions ne dissipassent point toute leur matière et que cette matière fût toujours prête à prendre feu. Lorsqu'un homme a fait dix lieues, combien de mille fois faut-il que les muscles qui servent à marcher se soient emplis et vidés? et combien faudrait-il d'esprits si la fermentation les dissipait et les amortissait à chaque pas? Cette raison est donc imparfaite pour expliquer les mouvements de notre corps qui dépendent entièrement de notre volonté.
Il est évident que la question présente consiste dans ce problème dès mécaniques : Trouver par des machines pneumatiques le moyen de vaincre telle force ^ comme de cent pesant^ par une autre force si petite que ' l'on voudra^ comme celle du poids d'une once y et que Vap' plication de cette petite force pour produire son effet dépende de la volonté. Or, ce problème est facile à résoudre et la démonstration en est claire.
On peut le résoudre par un vase qui ait deux ouvertures dont Tune soit un peu plus de 1600 fois plus grande que Tuutre, et dans lesquelles on insère les canons de deux soufflets égaux, et que Ton applique une force 1600 fois seulement plus grande que Tautrt au soufflet de la plus grande ouverture^ car alors la force 4600 fois plus petite vaincra la plus grande. Et la démonstration en est claire par les mécaniques, puisque les forces ne sont point justement en proportion avec les ouvertures, et que le rapport de la petite force à la petite ouverture est plus grand que le rapport de la grande force à la grande ouverture.
Mais pour résoudre ce problème par une machine qui représente mieux T^ifet des muscles que celle qu'on vient de donner, il faut souffler quelque peu dans un ballon et appuyer ensuite, sur ce ballon à demi enflé de vent, une pierre de 5 ou 6 cents pesant, ou, l'ayant mis sur une table, le couvrir d'un ais, et cet ais d une