‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 24 sur 229 · IV · texte numérisé non relu

IV

ne prouvent rien, ils s*imaginent qu'on n'a pas le sens commun et que Ton nie les premiers principes. En effel, les premiers principes de ces gens-là sont cinq ou six mots latins d'un auteur, ou bien quelque passage grec s'ils sont plus habiles.

Il est même nécessaire que les savants médecins parlent quelquefois une langue qae Jeurs malades n'entendent pas, pour acquérir quelque réputation et pour se faire obéir.

Un médecin qui ne sait que du latin peut bien être estimé au village, parce que du latin c'est du grec et de l'arabe pour les paysans. Mais si un médecin ne sait au moins lire le grec^ pour .apprendre quelque aphorisme d'Hippocrate, il ne faut pas qu'il s'attende de passer pour savant homme dans l'esprit des gens de ville qui savent ordinairement du latin. Ainsi les médecins, même les plus savants, connaissant cette fantaisie des hommes, se trouvent obligés de parler comme les affronteurs et les ignorants, et l'on ne doit pas toujours fuger de leur capacité et de leur bon sens parles cho* ses qu'ils peuvent dire dans leurs visite^. S'ils parlent grec quelquefois, c'est pour charmer le malade et non pas la maladie, car ils savent bien qu'un passage grec n'a jamais guéri personne.

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